‹ L'Idéalisme social (volume 2)Chapitre 35 sur 47 · LES NATIONS DA.NS L'UNITÉ DE CITÉ · texte numérisé non relu

LES NATIONS DA.NS L'UNITÉ DE CITÉ

collective aura remplacé Thérédité familiale el personnelle ? La propriété personnelle est la pierre angulaire des lois civiles actuelles. Celle-là ayant disparu, celles-ci n'auront plus aucune raison de subsister. Le cercle n'est plus qu'un point. Supprimons ce point : Les lois constitutionnelles règleût les rapports entre les citoyens et l'État. L'État s'étant dispersé à la fois dans chacune des associations libres de production, circulation, enseignement, renseignement, etc., et aussi et surtout dans le cerveau de chaque citoyen, les lois organiques suivront le même chemin, sous forme de règlements dans les associations et de concept définitif de la souveraineté dans le cerveau de chaque citoyen. Quand l'homme asservi d'aujourd'hui, asservi à des contraintes extérieures et intérieures, sera devenu le citoyen idéal, il sera digne d'habiter la Cité idéale. Nulles autres mains que les siennes, d'ailleurs, ne la construiront, et elle sera réellement un acte de sa volonté libre.

LES NATIONS DANS l' UNITÉ DE CITÉ

Nous avons indiqué comment un statut de liberté par conventions volontaires réciproques tend à se substituer à l'indépendance absolue des nations. C'est ici le lieu d'y insister, car il demeure bien entendu : d'une part, que la Cité idéale resterait une pure construction de notre esprit si nous prétendions l'édifier sur un point unique du globe, au milieu des Cités trop réelles qui, l'entourant de toute part, ne tarderaient pas à la détruire ; d'autre part, qu'une telle Cité ne peut être édifiée que par l'ensemble de l'humanité parvenue, par la connaissance de soi-même et des choses, à un concept général commun et à une égalité identique, dans leur variété de besoins, de désirs et de volontés enfin harmonisés. Qu'on ne voie pas là une barrière placée comme pour établir une sorte d'impossibilité de réalisation de ce rêve d'unité par identification de tous les membres, encore

29i LA CITÉ IDÉALE

si différents, de la famille humaine future. Que si Ton objecte l'état de profonde inégalité d'évolution des diverses races humaines dispersées sur le globe, leurs différences de mœurs, de croyances, de culture, nous pouvons d'abord répondre qu'il y a en effet une infinité de manières d'être dans l'erreur, tandis qu'il n'en est qu'une seule d'être dans la vérité. Que si l'on ajoute que certaines races sont condamnées à errer longtemps avant de parvenir aux concepts relatifs de vérité acquis par les races supérieures, nous répondrons que le temps ne fait rien à l'affaire, et que, d'ailleurs, s'il a fallu vingt ans à un homme très ingénieux pour inventer un objet utile, il ne faut que vingt minutes au premier ignorant venu pour utiliser cet objet et s'en servir aussi bien que l'inventeur lui-même. Ne nous laissons donc pas émouvoir par les constatations d'apparence désolante que nous apportent les spécialistes de l'anthropologie et de l'ethnographie. Recevons avec reconnaissance les documents qu'ils nous fournissent et par lesquels l'humanité se connaît mieux ; mais laissons à d'autres le souci d'en tirer les conclusions sociologiques générales, dont ces documents ne constituent que certains éléments essentiels. Rappelons-nous la déconvenue philosophique et sociologique de certains disciples de Darwin, trop empressés à transporter dans le domaine moral et économique la théorie de la lutte pour l'existence. Si, donc, la philosophie des sciences naturelles a été incapable à elle seule d'expliquer le mouvement du monde moral et l'évolution des sociétés, comment des sciences aussi spéciales que l'anthropologie et l'ethnographie auraient-elles la prétention d'y réussir?

Les nations de l'Occident européen et leurs colonies émancipées ou en voie d'émancipation forment la masse directrice et prépondérante de l'humanité. Depuis bien longtemps déjà, elles forment une civilisation distincte, homogène par bien des points, les plus essentiels, et leurs guerres ne sont que des querelles de famille dont on peut prévoir la fin. Il y a en chacune d'elles des caractères communs à toutes; et ces caractères, pour n'affecter d'abord qu'un petit nombre de phénomènes ou n'exister à l'état de concept que dans un petit nombre de

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