VOLUMES PUBLIÉS
Chaque volume en élégant cartonnage anglais.. 6 fr.
L'individualisation de la peine, par R. Saleilles, professeur à la Faculté
de droit de TUniversité de Paris, i vol. in-8°, cart. à Tangl. ... 6 fr.
Ainsi que le dit très justement M. Sàleilles, « il se produit aujourd'hui un mouvement général ayant pour objet de détacher le droit des formules purement abstraites qui paraissaient le soustraire au contact de la vie ». Cette évolution est particulièrement sensible pour le droit pénal. L'ancienne école des criminalistes ne semblait préoccupée que d'établir une corrélation invariable entre le fait criminel et la pénalité qu'il devait entraîner, sans faire état de la personnalité du criminel. Nous avons une tout autre conception du droit pénal. Il nous semble juste que dans l'application de la peine il soit tenu compte des antécédents de celui qui l'ii encourue et des circonstances d'hérédité, de milieu, d'éducation qui peuvent aggraver ou diminuer sa responsabilité morale. Le livre de M. Saleilles est consacré à l'exposé de cette théorie et de ses conséquences possibles. L'aiiteur ne se borne pas, du reste, à examiner dans quelle mesure le juge peut individualiser la peine; il montre comment, au cours de Texécution de la peine, on pourrait tenter d'adapter le mode de répression au caractère du détenu ou du transporté et faire du châtiment un moyen de moralisation. Le pénitencier deviendrait, comme cela a déjà été tenté en Amérique, une maison de réforme, un Reformatory. — On retrouve dans ce livre la même argumentation logique et précise et la même clarté d'exposition que nous avions déjà remarquées dai\s une précédente étude du même auteur. , ^
(Bulletin du Musée social,)
L'Idéalisme social, par Eugène Fournière, député, 1 vol. ia-8% cart. à rangl . 6 fr.
Cet ouvrage est divisé en quatre parties intitulées : l'Idéalisme social, la Propriété idéale, la Famille idéale, la Cité idéale; c'est le résumé de conférences faites devant les auditeurs du Collège libre des Sciences sociales.
L'auteur ne s'est pas proposé de tracer une construction social, idéale, mais plutôt de nous donner une indication des possibilités futures, tirée de l'observation comparée du présent et du passé.
ENVOI FRANCO CONTRE MANDAT-POSTB
Il nous dil « que la science ayant dissipé en fumées la Cité de rêve où l'individa comptait abriter son immortalité, elle a pour devoir de construire la Cité réelle où Tespèce, devenue immortelle, donnera à chacun de ses enfants niortels un abri sûr et agréable ». Ce n'est pas le plan définitif de cet abri que M. Fournière prétend nous donner dans son livre, mais il nous en indique la possibilité et nous en démontre la nécessité. C'est une sorte de philosophie et de poésie du socialisme que formule M. Fournière en ces pages vibrantes et substantielles qu'on lira avec intérêt.
(La Grande Revue.)
Ouvriers des temps passés, par H. Hauser, professeur à rUniversilé de Clermont-Ferrand, 1 vol. in-8°, cart. à Tangl. 6 fr.
Ce troisième tome de la « Bibliothèque générale des sciences sociales » a pour origine un cours professé à l'Université de Glermont; — il a pour objet d'étudier cette question : « Entre le milieu du quinzième siècle et les premières années du dix-septième siècle, quelle était, en France, la condition des ouvriers d'industrie? »
Aux treizième et quatorzième siècles, dit l'auteur, la France a joui d'une organisation du travail relativement uniforme et stable; c'est l'âge d'or du régime des communautés industrielles; et, sans croire que cet âge n'a connu ni les conflits ni les misères, on doit admettre que la condition des ouvriers n'y a pas été trop mauvaise. Au dix-septième siècle, on assiste à la constitution d'un nouveau régime corporatif, très puissamment organisé, très étroitement enlacé sous la domination de l'État et qui ne sera détruit que par Turgot et la Révolution.
Mais, dans l'entre-deux, entre les guerres anglaises et Colbert, s'étend une longue période particulièrement intéressante. C'est cette période que retrace doctement M. H. Hauser, en étudiant successivement l'apprenti, le compagnon, le contrat de travail, l'organisation du travail, les salaires, le travail libre et l'accès à la maîtrise, le travail des femmes, les confréries et coalitions, etc.
Au fur et à mesure des développements de cette étude sûrement et largement documentée, on voit se disloquer peu à peu le régime des communautés, à la fois industrielles et religieuses, du temps de saint Louis; on voit l'État chercher à prendre, en matière économique, cette autorité absolue qu'il acquerra au dix-septième siècle.
La révolution économique déterminée par la découverte des nouveaux mondes, la
révolution sociale que marque l'avènement de la bourgeoisie, la révolution politique
qui prépare le triomphe de la royauté, la révolution scientifique et industrielle causée
par la Renaissance, enfin, la révolution religieuse elle-même, — tels sont, dans leur
ensemble, les faits qui agissent pour modifier la condition de l'ouvrier.
{Journal des Débats.)
Les transformations du pouvoir, par G. Tarde, professeur au Collège de
France, 1 vol. in-8°, cart. à Tangl 6 fr.
Ce livre est un essai partiel de sociologie politique, où l'auteur a indiqué l'application de sa doctrine générale au côté gouvernemental des sociétés. Après une première partie consacrée à une exploration libre du sujet, à des recherches sur les sources du pouvoir, sur jes rapports entre l'invention et le pouvoir, sur la formation des noblesses et des capitales considérées comme des organes de concentration et d'emploi du pouvoir, la science politique est présentée plus méthodiquement dans la seconde partie de l'ouvrage, laquelle comprend trois divisions principales. Tout ce qui concerne la répétition politique, l'opposition politique (lutte des partis, guerre et diplomatie), l'adaptation (ou violation) politique et sa loi, y est traité successivement. Un dernier chapitre sur l'art et la morale politique fait sentir, d'une part, la nécessité d'une rhétorique supérieure qui soit à l'art de créer l'opinion par la presse ce que la rhétorique ancienne était à l'art de convaincre un auditoire par le discours, et d'autre part, montre à quelles conditions la politique peut et doit se moraliser, à quels signes l'immoralité, en politique, se distingue de l'innovation morale.
(La Grande Revue.)
Morale sociale, 1 vol. in-8o, cart. à Tangl 6 fr.
Ce volume se compose de 14 conférences données au Collège libre des sciences sociales par d'éminents professeurs ou publicistes, dans le courant de l'année 1899. On
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ne saura mieux en marquer l'intérêt qu'en donnant les titres de ces conférences et les noms de leurs auteurs : Morale positive, art et science ^ vues cV ensemble, par E. Delbet. — Classification des idées morales du temps présent, par A. Darlu. — Uunité morale^ par Marcel Bernés. — De Vorientation morale du temps présent^ par le Pasteur Wagner. — La justice et le droit, par le R. P. Maumus. — Charité et sélection, par 0. Belot. — [/éthique du socialisme, par G. Sorel. — La morale de Tolstoï, par M. KovALEVSKY. — Justicc et chainté, par Gh. Gide. — Uordre des joies, par L. Bruit- SCHVICG. — Le devoir présent de la jeunesse, par F. Buisson. — Morale et politique, par E. DE RoBERTY. — La moralc individuelle et la morale sociale, par P. Malapert. — La morale des Grecs et la crise morale contemporaine, par L. Dauriac.
Une préface de M. Emile Boutroux, de l'Institut, montre l'intérêt de ces leçons, qui ne constituent pas un enseignement, mais une sorte d'examen de conscience auquel furent conviées des personnes de toutes opinions ayant réfléchi sur les questions morales. A voir ainsi des esprits parfaitement indépendants, sans aucun accord préalable, s'entendre sur plusieurs points essentiels, M. Boutroux affirme « qu'on ne peut que prendre confiance dans l'efficacité de la libre recherche et espérer voir se réaliser de plus en plus cette harmonie de l'unité et de la variété, de l'universel et de l'individuel, qui est la vie et qui est l'idéal ».
Les Enquêtes, par P. du Maroussem. i vol. in-8°, cart. à Tangl. 6 fr.
M. du Maroussem a inauguré à la Faculté de Droit de Paris, il y a dix ans, l'enseignement des « Enquêtes », ou si l'on préfère l'expression anglaise, de « l'économie descriptive ». Ce livre est la condensation des 3,600 pages constituant son œuvre déjà parue. C'est, en outre, l'exposé le plus limpide d'une nouvelle méthode d'obser- - vation et de classement, qui permet à. tous, ingénieurs, agronomes, explorateurs ou simples touristes, de déchiffrer avec la plus grande facilité, à l'aide de cadres variés j la complication des faits économiques et sociaux.
En un mot, résumé de l'économie politique pratique et aussi manuel de reportage scientifique. Tels sont les deux caractères de ce volume bourré de faits et d'anecdotes, qui n'a d'équivalent dans aucune littérature, française ni étrangère. ,
Questions de morale, leçons professées à l'École de morale, i vol. in-S^, cart. à Tangl. 6 f r
Cet ouvrage fait suite à la Morale sociale publiée l'an dernier dans la même collection. Les opipions philosophiques et économiques des conférenciers sont très diverses, comme on en jugera par leur énumération : La science et la morale, par G. Sorel; L^ère sans violence, par G. Moch ; La morale chrétienne et la conscience contemporaine , par M. Darlu; Les facteurs moraux de l'évolution, par G. Sorel; Le kantisme et la science de la morale^ par V. Delbos; Vue d'ensemble sur la morale grecque, par A. Croiset, Les conditions de l'action, par M. Bernés; La raison et Vinstincl en morale, par D. Parodi; Le luxe, par G. Belot; La morale d'après Guyau, par Eug. Fournière; La justice sociale, par P. Malapert ; L'erfMca/io7i morale et Véducation religieuse, par F. Buisson. — Malgré cette diversité, un but unique réunissait ces auteurs qui, sans rien aliéner de leurs opinions personnelles, sont d'accord sur deux points essentiels : l'importance des idées morales et la fécondité de l'initiative individuelle en toutes choses.
Les allocutions prononcées par MM. Boutroi^x et Croiset, à l'occasion de l'ouverture de l'École, servent d'introduction à ce livre.
Le catholicisme social depuis l'Encyclique Rerum novarum. Idées directrices et caractères généraux, par Max Turmann, professeur au Collège libre des Sciences sociales, i vol. in-8°, cart. à l'angl 6 fr.
ïi y a un catholicisme social : et c'est à en prouver l'existence et à en faire connaître les caractères que ce livre est consacré.
L'École sociale catholique a formulé un ensemble de doctrines que nous trouvons exposées, défendues, appliquées de manière à peu près semblable, quels que soient les pa'ys. Sans doute, suivant la région, on pourra signaler telle ou telle différence de détail, voire même quelques divergences sur des questions secondaires. Sans doute encore, il sera possible de constater que chaque peuple a été séduit par un aspect
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particulier du catholicisme social. Mais, quelles que soient ces légères variations, l'École sociale catholique se présent^ une et identique à elle-même dans tous les pays : ses orateurs, ses docteurs, ses représentants dans les Parlements s'appuient tous sur les mêmes principes fondamentaux et s'accordent dans leurs principales conclusions pratiques.
De toutes ces doctrines, M. Turmann n'a pas prétendu donner un exposé détaillé : il s'est uniquement proposé d'en noter les idées directrices et les caractères généraux. A la lecture de son ouvrage, on a l'impression que le catholicisme social constitue, dans le monde moderne, une force puissante qui, par son intensité et sa diversité, peut être comparée, et à peu près partout être opposée au socialisme révolutionnaire.