‹ L'Idéalisme social (volume 4)Chapitre 44 sur 57 · LES CONDITIONS I)K LA LIBERTÉ · texte numérisé non relu

LES CONDITIONS I)K LA LIBERTÉ

sont formées. En efTet, une nation qui possède une armée est indépendante de ses voisines, comme ses voisines le sont respectivement et d'elle-même. Mais aucune de ces nations n'est libre ; nul contrat ne garantit leur existence ; et leur droit d'exister, pour les nations voisines, n'est écrit que parla pointe des baïonnettes et sur la gueule des canons. Que, d'un côté, les baïonnettes soient moins nombreuses et les canons moins foudroyants, c'en sera fait de l'indépendance de cette nation insuffisamment armée. Cependant, les nations ne sont plus dans l'état d'indépendance absolue : des conditions de liberté ont surgi entre elles, sous forme de traités de commerce et d'extradition, par exemple. Elles aliènent volontiers des parts onéreuses d'indépendance pour acquérir plus de liberté. Elles acceptent que leurs différends soient arbitrés, plutôt que de recourir aux chances de la guerre. Elles s'entendent pour préserver les établissements hospitaliers et certains grands moyens de communication internationale, etlimitent ainsi au minimum inévitable les désastres qui résultent des conflits armés. Gesdiverses limitations de l'indépendance vont se multipliant, entre les nations parvenues au même plan de civilisation, ayant un concept moral identique, et des intérêts économiques sensiblement égaux à sauvegarder. L'ensemble de ces limitations forme un noyau de liberté internationale, qui ira grossissant jusqu'à ce qu'il se soit assimilé tous les rapports, sans aucune exception, entre les nations ; jusqu'à ce que se soit transformée leur indépendance inorganique et précaire, — telle l'indépendance respective des États de l'Europe, — en une liberté consentie et durable, fondée sur des droits respectifs, et garantie par l'observation de principes communs; telle la liberté mutuelle des États-Unis d'Amérique.

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