‹ L'idéalisme socialChapitre 47 sur 96 · LES ÉTATS DANS L'ÉTAT · texte numérisé non relu

LES ÉTATS DANS L'ÉTAT

dénonciation. Il semble, pour l'étranger qui visite un tel” pays, que tous les habitants aient la garde d'un terrible secret, tant les visages sont fermés et les bouches cousues. Au moment d'une élection, à cette minute fugitive où Île peuple est censé exercer sa souveraineté, et.où, en effet, les plus conscients et les plus indépendants l’exercent réellement, la servitude s'appesantit encore davantage. Les hommes, réunis en troupeaux par les contremaitres, vont au vote comme à la corvée. Ce bulletin qui leur est remis au dernier moment, ils doivent le tenir constamment dans leur main, et quiconque fait le geste de fouiller sa poche est signalé.

Ces compagnies disposent d'une sanction capitale, qui leur suffit à obtenir de leurs serfs toute l’obéissance qu'elles exigent. Cette sanction est le renvoi. Or, le renvoi, c’est la condamnation de toute une famille à mort, ou, tout au moins, à une misère prolongée et sans issue. La Compagnie donne le logement à son personnel, moyennant une retenue sur le salaire. Les vivres, les vêtements, les ustensiles, elle les fournit également au moyen de ses économats. Comme le salaire ne dépasse jamais l'extrême limite des besoins essentiels, et que d’ailleurs les registres de l'économat sont les régulateurs du salaire, la famille ouvrière est littéralement attachée à la glèbe, et le renvoi est la pire catastrophe qui. puisse la frapper. La Compagnie peut donc créer des délits et des pénalités, à côté de ceux que prévoit et applique la loi de l'État; elle est sûre d’être mieux obéie; sa justice féodale fonctionnera dans toute sa rigueur sous forme de mises à pied et d’amendes, même pour des délits qui n'auront aucun caractère professionnel. Sa police, sans cesse en éveil, ne laissera échapper nul délinquant, pas plus que la police des grands magasins de vente à tempérament ne laisse échapper les mauvais payeurs. Sait-on que, tandis que les petits commerçants de quartier, contraints de faire du crédit s’ils veulent conserver leurs clients, ont de ce fait une perte sèche qui va de 10 à 15 p. 100 du total de leurs ventes, le contentieux des grands magasins de vente à crédit n’accuse qu’un déficit de 2 p. 400 du fait des mauvais

payeurs ? Si la préfecture de police venait à brüler, ses archivés pourraient être reconstiluées en un clin d’œil par les dossiers des polices particulières entretenues par le capitalisme.

La loi de l'État accorde à tous la liberté de conscience ; cette liberté expire au seuil de certains fiefs capitalistes. L’ouvrier devra s’embrigader dans une confrérie pieuse, et les moyens ne manqueront pas de s'assurer de la sincérité de ses sentiments. Les agents du patronat peuvent entrer à toute heure dans le logis de l'ouvrier, surprendre une image séditieuse sur le mur, — parfois c’est l'image de la République qui est séditieuse, — ou un journal mal pensant sur la table. L'État donne à tous les enfants l'instruction primaire gratuite; souvent le capital, ne voulant pas de « l’école sans Dieu » pour les enfants de ses serfs, futurs serfs euxmêmes, installe des écoles religieuses, que, par dérision, on appelle des écoles libres. Peu lui importe la religion, d’ailleurs, puisque toutes sont bonnes pour inspirer la soumission : c’est ainsi que, dans certains fiefs capitalistes du Midi, où la population protestante contrebalance la population catholique, il installe des écoles des deux cultes en face de l’école communale, désertée et vide. C’est au nom de la liberté du père de famille que la loi a permis l’établissement des écoles confessionneiles : dans le fief capitaliste, c’est au nom de la sécurité du capital que la liberté du père de famille est vio-

lée, et qu’il est contraint d'envoyer ses enfants à l’école con-

fessionnelle. Ce n’est pas le certificat d’études primaires qui donne à l'enfant de l’ouvrier le triste droit de gagner son pain, à l’âge où d’autres enfants apprennent à devenir ses maitres, mais le certificat de première communion. On conçoit que, dans de tels milieux, les lois de protection et de défense du travail arrachées à la bourgeoisie soient de nul effet. Où règne la confrérie de Notre-Dame de l'Usine, il n'y a pas de place pour le syndicat. Les ouvriers qui tenteraient de s’organiser pour limiter cette oppression seraient impitoyablement chassés. Dans les fiefs où s'est constituée une caisse de secours et de retraites, l’ouvrier renvoyé est privé de tous droits après de longues années de versements et,

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comme il n’a aucun recours contre celte spoliation, ce prétendu secours est un moyen d’asservissement ajouté aux autres.

Mais ce n'est pas seulement dans ces fiefs capitalistes, installés dans des régions où ils constituent la seule industrie, la seule ressource, le seul moyen d’existence de toute la population, que l'État se voit enlever:ses attributions, et le citoyen ses droits. Il est en France des compagnies de chemins de fer, qui vont jusqu’à interdire à leurs emplovés el ouvriers de faire parlie du conseil municipal de leur localité. En Amérique, où l’armée permanente est réduite à son minimum, la plus importante attribution de l'État, le droit de lever des troupes, a élé audacieusement usurpé par des capitalistes, désireux d’avoir des soldats à leur disposition pour réprimer les grèves par la force.

Quand les États capilalisles ne peuvent pas se substituer à PÉtat, ils le font agir pour eux et se le subordonnent. Et que PÉtat soit démocralique comme en France, ou fortement imprégné encore de féodalisme comme en Allemagne, iln’ya nulle différence dans la hâle et dans la manière d’obéir aux injonclions du capilalisme tout puissant. Ce n'est pas toujours uniqueinent sur Île terrain des conquêtes coloniales que le capitalisme dicte ses volontés aux États européens, et l’on a vu récemment la finance allemande, principale créancière de la dette turque, exiger et obtenir que ses intérêts fussent satisfaits et sauvegardés avant les intérêts des peuples d'Orient et des gouvernements d'Occident.

Si la liberté n'existe pas au point de vue politique et social, en dehors des moyens réels et matériels qui la déterminent ; si l’homme, qui attend du bon plaisir d’un autre son pain quotidien, n'est réputé libre que par une meurtrière ironie logomachique, on ne peut cependant pas dire qu'il

suffit d’ôtre en possession des moyens matériels de la liberté pour être libre ; ou alors il faudrait prélendre que les sujets riches du tsar ou du sultan sont plus libres, c’est-à-dire plus complètement citoyens qu’un fier mécanicien anglais, ou qu’un de ces alertes ouvriers d’art français, toujours prêts à combattre le pouvoir quand il prend forme d’arbitraire. Pour être libre, il faut avant tout savoir ce qu'est la liberté, et la vouloir. Il n’est pas de liberté réelle sans la conscience de la liberté, sans la connaissance des biens qu’elle procure et des obligations qu’elle impose. La liberté est une création sociale, qui n’existera réellement et complètement que lorsqu’elle se sera réfléchie dans la conscience de chacun des membres de la Cité. Nous sommes encore loin de cet idéal, mais tout effort vers le mieux social et individuel nous en rapproche ; nos mouvements inconscients vers l’indépendance personnelle sont autant de pas vers l’organisation de la liberté sociale, consciente et volontaire. En toute chose nous allons ainsi de l’individuel au collectif, et de l'inconscient au conscient. À la production individuelle, arbitraire, ignorante des conditions et des besoins réels et exacts du marché, nous avons vu que sc substitue graduellement, par la forme capitaliste des moyens de production, de circulation et d'information, une production collective, réglée, appropriée aux besoins d'un marché universel toujours mieux connu. A la méconnaissance des conditions physiologiques, psychologiques et sociales de l'amour, qui font de lui le drame de la vie affective, nous entrevoyons la possibilité de substituer l'amour éclairé, conscient, volontaire, qui se fixera avec d'autant plus de durée qu’il aura plus complètement connaissance de ses motifs et de ses fins. A l'effort de chacun pour échapper à la dépendance où le tient autrui, nous voyons de même se substituer l'effort de tous pour s'assurer mutuellement le libre jeu de leurs facultés, et la libre jouissance des biens qu’elles mettent à leur disposition. En régime d’autocratie, un seul individu possède l'indépendance ; sa volonté ou son caprice est la loi de tous, et son pouvoir n'est limité que par le possible. En régime d’aristocratie, une classe seulement jouit de la liberté; elle est

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indépendante vis-à-vis des classes assujetties, et son pouvoir n’est limité que par le possible, crainte de les faire disparaître par la famine ou de les pousser à la révolte ; par les lois qu’elle établit, chacun de ses membres trouve vis-à-vis de ses égaux les garanties de sa liberté. Il s'entend bien qu'en régime d’autocratie, si le souverain est un imbécile ou un dément, et ne possède pas sa volonté ou ne règle pas son caprice, et si dans son entourage un homme de forte volonté ne se substitue pas à lui, son pouvoir aura pour limite la patience de ceux qu’il opprime et moleste. Il s'entend également qu’en régime d’aristocratie, chacun des membres qui composent l'aristocratie ne jouit pas à litre égal, vis-à-vis de ses pairs, de la liberté qui lui est reconnue par le statut de sa classe. Il n’en jouit que s’il veut en jouir, et n’a que les droits qu’il consent à exercer. Il lui est toujours loisible de remplir tous les devoirs de son état, sans en revendiquer les droits. En régime de démocratie virtuelle, tel que l'ont organisé les sociétés modernes, il en est absoiument de même. Il n’est pas, devant la loi, de classe dominante ni d'individu privilégié, et chacun porte en soile droit de gestion et de contrôle de la chose publique ; maïs, en réalité, une seule classe a pu jusqu’à présent exercer cette gestion et ce contrôle, attendu que peuvent être citoyens complets, actifs, ceux-là seulement qui réunissent aux conditions matérielles de la liberté les conditions idéales qu’elle requiert : la conscience et la volonté.

Or, tout se tient et s’enchaine. La conscience et Îa volonté sont filles de l’étude et du loisir. Et, jusqu'à présent, une classe a peiné dans les champs et dans les usines pour procurer à l'autre ce loisir et cette étude. IL est sans doute bon qu'il en ait été ainsi d’abord. Le loisir et l'étude ont été de précieux agents du progrès humain. D'autre part, ils n’étaient possibles que pour une minorité. La république de Platon, qu’on s’en souvienne, n'affranchissait pas les esclaves. C’est de leur travail qu'était faite la liberté des citoyens. Pour rêver au profit de tous une liberté et une ‘égalité qui ne fussent pas un retour à la vie animale limitée, aux plus essentiels besoins, mais les conditions mêmes du développement harmonique d’une humanité aux joies

sans cesse accrues, et dont nul ne fût privé, il fallait donc de toute rigueur que l'étude et le loisir fussent rendus possibles pour tous les membres de la Cité, sans exception. Nous n’en sommes pas encore là, mais tout annonce qu’un tel idéal n’a rien de chimérique. Tout le mouvement social de notre civilisation, dans ses manifestations multiples et solidaires, suit cette direction, malgré des retours apparents, incidents du combat entre hier qui ne veut pas mourir et demain qui veut naître. À des degrés divers, nous sommes retenus par hier en même temps que nous sommes atlirés par demain. La classe non possédante n’est déjà plus aussi loin de la souveraineté qu'au temps où elle en conquit les droits, d'abord purement nominaux, et l’on ne saurait nier que, si nul droit n'existe sans la sanction du fait, la proclamation du droil n’est jamais sans influence sur l’apparilion de ses sanctions. Cest une observation historique constante que, seules, les idées ont la puissance de mouvoir les foules : depuis les .chrétiens se ruant à la conquête d’un sépulcre vide jusqu'à Ja Commune de Paris, nous voyons les faits engendrer des émeutes, et les idées des révolutions. L'homme n’est jamais complètement projeté hors de soi par ses besoins ou ses appétils personnels d'ordre physique. Si la faim le pousse à l'émeute, dès le premier château bien garni de victuailles, sa fureur se changera en joie; et le fer de l’agresseur viendra le clouer, repu, sur la table du festin. L'idée, au contraire, ne rassasie jamais ceux qu’elle possède : elle les accompagne jusqu’à la mort, ou la victoire.

Il est à remarquer, en premier lieu, que les pays où la classe non possédante est le plus fortement consciente, et où ses membres sont en plus grand nombre éclairés sur leurs droits de souveraineté, sont aussi ceux qui sont le plus en progrès au point de vue industriel. Ce n'est pas seulement les progrès industriels qui ont procuré aux travailleurs des facultés de loisir et d'étude. Il est plus exact de dire que les progrès industriels, tout comme ces facullés, sont des résultats parallèles d’une mentalité générale plus élevée, qui développe à la fois le génie inventif des producteurs et l'initiative politique des citoyens. Aux États-Unis, la journée

de huit heures tend à devenir le fait, la règle générale qu’elle est déjà en Australie et en Nouvelle-Zélande, tandis qu’en Russie la journée de quatorze à quinze heures est encore la règle. En France même, l’agriculture, qui est certainement la moins progressive de nos industries, impose des journées indéfinies aux travailleurs, et cela non seulement dans la période de la moisson. Les courtes journées de travail ont été d’abord conquises dans les pays à démocratie active et progressive. Quand elles ne faisaient pas intervenir la loi, ces démocraties recouraient à la force collective irrésistible des masses professionnelles organisées, ee qui était encore une forme de l’activité politique. Il a été généralement observé que c’est dans les professions les mieux rétribuées, et où la capacité technique de l’ouvrier a le plus de valeur dans le coût total de la production, que le mouvement en faveur des courtes journées, génératrices de loisir et d'étude, a été le plus accentué ; c’est presque toujours de ces professions qu’est parti le mouvement. Les ouvriers de culture, en effet, les manœuvres et les terrassiers, sont, avec les domestiques et ouvriers de professions assimilées à la domesticité, ceux qui accomplissent les plus longues journées de travail. C’est également dans ces professions que se trouvent les plus bas salaires; mais ceci est une autre question, que nous avons examinée en son lieu, on s’en souvient.

Ensuite, nous devons remarquer que quantité de citoyens pauvres, privés de loisir par leur pauvreté même, mais poussés .par le désir d'exercer la part de souveraineté que la loi leur reconnaît, sacrifient avec joie leurs veilles et leurs plaisirs, étudient les phénomènes sociaux, font à leurs camarades part et profit de leur étude, acquièrent ainsi, et répandent les conditions idéales de la liberté politique et sociale, Souvent, ce qu'ils savent est peu de chose, et leur foi dans les destins meilleurs de l'humanité est plus grande que leur connaissance des moyens de les réaliser. Parfois, les victoires locales remportées par leur énergie se dissolvent dans les difficultés d'administration : car le pouvoir central ne se fait pas toujours faute d'augmenter, et même de créer ces difficullés, sans doute pour dégoûter la

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classe gouvernée de toucher au gouvernement; sans doute aussi par défiance, bien compréhensible, des aptitudes d’une classe, qu'on s’imagine faite pour travailler et non pour gouverner. Fréquemment, aussi, ceux qui réunissent les conditions idéales de Ia liberté, mais qui n’en possèdent pas les conditions réelles et matérielles, agissent comme s'ils les possédaient, et se résignent fièrement à la pauvreté, tout en maniant les millions du public, et en traitant de puissance supérieure à puissance inférieure avec les princes de la finance.

Il arrive aussi, car il faut tout dire, que certains jeunes hommes pauvres épousent la démocratie comme ils épouseraient une femme richement dotée, et se font de la politique une carrière. C'est le vice des démocraties incomplètes, où le capital règne avec ses mauvais exemples et ses funestes excitations. II ne devient dangereux qu'à la condition de se généraliser, car ces poliliciens considèrent leur parti, non comme un moyen de réaliser l'idéal, mais du même œil qu’un homme de sport considère les chevaux de course qui lui feront gagner le prix. De tels hommes voient dans la politique et dans ses agitations un but, et ils subordonnent tout à ce but; si l’arrivée au pouvoir de leur parti ne devait en même temps satisfaire leur ambition et leurs appétils, ils souhaiteraient qu’il n’y parvint jamais. Aussi ont-ils plutôt pour règle de flairer les instincts et les sentiments de la foule, afin de la suivre tout en paraissant la guider, que d'affirmer des principes, et d’y gagner patiemment l'opinion publique. De tels démagogues sont la plaie de la démocratie; seule, une éducation politique généralisée et supérieure la sauvera d’eux, car, heureusement inaptes à se mouvoir dans le domaine des idées, ils cesseront d’être dangereux à mesure que la foule inconsciente se transformera en un peuple conscient. D'autre part, leur infériorité morale, corrélative de leur infériorité mentale, n’est pas faite pour les défendre contre les séductions du capital, et, comme la défiance, si elle est un des vices de la démocratie, en est aussi une des vertus, on voit assez fréquemment s’écrouler quelquesunes de ces belles fac: des. Leur exemple et leurs crimes ne

seraient un réel danger que si, à défaut des lois, qui n’atteignent jamais ou presque jamais ceux qui prennent ou ont pris part à la puissance publique, le mépris et la lassitude publics en venaient à les absoudre, et même à les envier. Ce danger ne serait, en tout cas, que local et momentané, puisque le propre de la démocratie, dans notre civilisation industrielle, est de ne consentir de rémunération qu’à tout effort utile, et de tendre à se débarrasser de tout parasitisme, aussi bien politique qu’économique.

Il se produit un curieux phénomèneen notre temps : alors que le sentiment démocratique conscient s'affirme, se précise et s'étend dans la classe non possédante, où se multiplient les citoyens aptes à participer à la direction de la chose publique ; tandis que, sous la pression de cette force grandissante, les pouvoirs publics se démocratisent, perdent leurs caractères d’oppression ou de direction des hommes pour prendre ceux de lPadministration des choses, et de la régularisation ou de la sanction des rapports spontanés entre les hommes; à mesure que le sens social pénètre davantage dans les majorités, on voit les minorités possédantes fournir un personnel de moins en moinsnombreux et exercé à la direction des affaires publiques. Le sens social, le sens même de la conservation de classe semble s’affaiblir, non dans tous les individus, mais dans la majorité de la bourgeoisie; plus épris de leur indépendance que de leur liberté, ils n’apportent pas à l’accomplissement de leurs devoirs civiques l’empressement et l’ardeur de la classe ouvrière. D'autre part, un formidable prolétariat de bacheliers, né de conditions que nous avons examinées dans une autre partie de ce livre, se met entre la bourgeoisie et le peuple, et va vers lui, et traduit avec les moyens que la science met à sa disposition les griefs et les aspirations de la multitude. Cest contre ces forces nouvelles, détenues par elle seule jusqu’à présent, que la bourgeoisie appelle à son secours les forces du passé. Elle a laissé échapper le savant ; elle revient au prêtre et au soldat. Ce signe de déchéance intellectuelle est le plus sûr gage de sa défaite finale.

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