‹ L'idéeChapitre 25 sur 42 · I. Ed, Godofr, Slalbaum. vol, IV. p · texte numérisé non relu

I. Ed, Godofr, Slalbaum. vol, IV. p

Les races énergiques tournent aux caractères extravagants et furieux, comme les descendants d'Alcibiade et de Denys l'Ancien ; les races calmes tournent à la sottise et à la stupidité', comme l'ont prouvé les descendants de Cimon, de Périclès et de Socrate1. » Cette loi, formulée par le maître des philosophes et qu'il appliquait à l'homme après l'avoir constatée dans la flore de son pays, a trouvé de nos jours une base plus large encore. La géologie nous apprend que le monde compte toute une série de périodes, et qu'après chacune d'elles la nature s'est arrêtée dans son œuvre, comme lasse d'enfanter. L'épuisement est une loi de la vie.

Mais revenons au fait. Cet épuisement n'est pas brusque d'ordinaire, au moins quand il s'agit de la destinée d'une famille. Le plus souvent, il s'accomplit lentement, à la façon d'un volcan qui s'éteint dans une suite de secousses de moins en moins violentes. Il arrive parfois qu'un grand homme a une ou plusieurs sœurs où se reflètent A'une manière plus douce la vigueur de sa pensée et une partie de son caractère. On n'a pas oublié la haute distinction de Sophie, la sœur aînée de Pierre le Grand, celle des mères Agnès et Angélique Aruauld, elle de la margrave de Hevrenlh.

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sœur de Frédéric le Grand, « sa vraie sœur par la pensée et par l'âme, suivant l'expression de Sainte- Beuve ». Condé était l'aîné de Mme de Longueville, et P. Corneille avait pour sceur cette Marthe à laquelle il s'empressait de lire ses vers, dès qu'il les avait composés. Mais, à travers ces essais de retour à la gloire du passé, la gloire va diminuant son éclat, et souvent son déclin s'annonce d'une manière assez frappante. Quel rapport entre Charlemagne et Carloman, Napoléon Pr et son frère Joseph, Mirabeau et Mirabeau Tonneau ' ?

11 y a donc dans les familles une certaine transmission de l'intelligence par voie d'hérédité. C'est une règle générale. Mais cet accroissement de vie intellectuelle ne dure pas à l'indéfini : il a son point d'apogée, au delà duquel tout redescend peu à peu, s'enveloppe derechef et regagne un étal virtuel qui est voisin de la stupidité. Le génie s'éteint dans l'idiotie. L'énergie intellectuelle acquise aux prix de longs efforts ne se conserve pas dans la famille et ne passe pas indéfiniment à la postérité. En est-il de même pour les peuples? Les peu-

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