‹ L'idéeChapitre 37 sur 42 · VALEUR DE LA RAISON 33S · texte numérisé non relu

VALEUR DE LA RAISON 33S

voit que des cas multiformes d'empirique contiguïté :

à son sens, les phénomènes se touchent, ils ne s'enchaînent pas. Et cette théorie l'am ne naturellement à cette étrange assert ion que, si nous ne concevons pas un cercle carré, c'est parce que nous n'avons jamais rien rencontré de semblable dans le domaine de notre expérience. S tu art Mil! mérite pleinement la critique que Cousin adressait à Maint; de Biran avec trop de sévérité : il a passé à côté de la raison. Ou l'on croit, ou l'on ne croit pas à l'autorité île la conscience. Si l'on n'y croit pas, que l'on ne cherche plus, que l'on cesse de s'égarer en d'interminables suppositions. L'unique point de dépari est là; et tout ce qui n'en vient pas, n'est qu'un songe plus ou moins brillant. Si l'on en tient au contraire pour les données de la conscience, il faut reconnaître par là même qu'elle enveloppe quelque chose de plus que des faits bruts, physiquement associés; il faut reconnaître que nous percevons dans les faits un certain contenu logique, un groupe plus ou moins nombreux de caractères hypersensibles; qu'en ces caractères nous découvrons des rapports essentiels, des rapports qui ne peuvent pas ne pas être. Il est manifeste qu'au-dessus du concret s'élève l'abstrait, et que du contingent se dégage le nécessaire. L'idée n'est pas moins évidente que la sensation : idée et sensation sont doux faits de conscience

qui se révèlent en môme temps et s'imposent avec une force également irrésistible. Par conséquent, si l'on admet la sensation, il faut admetlre aussi l'idée et ses exigences essentielles. Toute autre façon de procéder tient de la fantaisie et cesse par là même d'être scientifique.

Mansel admet que connaître c'est conditionner. Mais ce conditionnement ne peut aller à l'indéfini. 11 y a une dernière étape de la pensée rationnelle où nous ne faisons plus que voir. Or, quand on regarde de ce site suprême, on constate avec une indéniable clarté que nous ne faisons pas l'enchaînement nécessaire de nos idées, qu'il résulte de leur contenu, non de la pensée. Le relativisme a peutêtre sa place dans le rapport de nos sensations aux objets extérieurs ; il garde aussi ses droits, lorsqu'il s'agit de la relation des sensations aux idées : les idées sont des sensations tronquées, mutilées par le travail de l'intelligence. Mais il reste comme une dernière citadelle où le relativisme ne pourra jamais pénétrer : c'est l'intuition de l'idée ellemême. A cet endroit, être et apparaître ne l'ont plus qu'un, l'absolu seul demeure. Kt de là le moyen de relever les raines accumulées par la critique à <>utrance dr> philosophes modernes; là se trouve toujours vivante la racine du dogmatisme futur.

Le principe fondamental de lasagesse traditionnel-

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