LA SÉGRÉGATION ET LA GÉOGRAPHIE ZOOLOGIQUE
ridentité à peu près complète de la faone polaire et de la faune des hautes régions montagneuses.
D*un autre côté les analogies sont grandes entre la faune sud-américaine (région néo-tropicale) et la faune australienne. Les mollusques terrestres s'y distribuent à peu près de la même façon. Les deux régions se ressemblent d*abord par des caractères négatifs. On n'y rencontre ni les grands singes ni les ongulés mais « elles possèdent en commun les Didelphes et les Marsupiaux, qui en excluent à la fois les insectivores et les lémuriens comme des types fonctionnellement similaires dans l'équilibre de la nature ; et bien que ces Didelphes appartiennent à des familles bien distinctes, ce fait n'en a pas moins, au point de vue de l'ancienneté de la faune dont ils font partie, une importance historique considérable ' » .
L'Arctogée de Huxley comprend donc la zone de l'hémisphère Nord et la Notogée la zone de l'hémisphère méridional. Les caractères de cette dernière sont beaucoup mieux marqués en Australie que dans l'Amérique du Sud. Le continent australien dont-la faune et la flore peuvent être opposées à celles de l'ancien continent est le principal reste de la Notogée; or celle-ci parait avoir été très étendue à l'époque secondaire. Les recherches de Neumayr, de Huttin et d'autres ont conduit à penser. que de larges bandes retracent alors l'Amérique méridionale à l'Afrique australe d'un côté, à l'Australie ainsi qu'à la Nouvelle-Zélande de l'autre*. Il a donc existé un continent circumpolaire antarctique, foyer de créations organiques d'une fécondité comparable aux terres arctiques.
L'étude comparative des données de la paléontologie et de celles de la géographie conduit à conclure que les différentes faunes actuelles proviennent toutes de deux grands centres, c'est-à-dire des terres arctiques et antarctiques. Ces terres n'étaient pas seulement plus étendues qu'aujourd'hui ; leur climat ne devait pas différer de celui des régions équatoriales actuelles. Elles subirent ensuite un refroidissement graduel quoique inégal et inconstant. G*est pourquoi dans l'hémisphère boréal nous voyons les palmiers et les grands mammifères peupler à l'âge tertiaire l'Europe et le Nord de l'Asie et se retirer aux âges suivants dans la région indienne et dans la région éthiopienne. Si ce fait est scientifiquement établi, il en est un autre qui a au moins la valeur d'une hypothèse bien plausible. C'est qu'au début de l'âge tertiaire il y eut vers le Nord une migration active des animaux et des plantes qui avaient occupé jusqu'alors le continent
i. Trouessart, Géographie zoologique, ch. v.
2. Neumayr. Die geographische Verbreilung des Juraformalion (Denkschriften der K. Akad. der Wissenscheifteii, Wien, 1885). — Huttin, The New Zealand journal of science, 1884, (analysé par Trouessart dans la Bibliotbëque de l'Ecole des Hautes-Études. Zoologie, 1883).
Sei APPENDICES
antarctique. Ainsi s'explique Tanalogie observée eDlre la faune sudaméricaiae et celle de rAustralie.
On ne peut donc pas rendre compte des transformations subies par les organtsines au cours des périodes géologiques sans faire intervenir le grand phénomèae des migrations. L'action de ce phénomène sur les fonctions et les structures des animaux est beaucoup plus palpable et plus intelligible que celle d'une prétendue lutte pour les subsistances.