‹ L'idée d'évolution dans la nature et l'histoireChapitre 76 sur 95 · CKRVEAU DE LA FEMME ET THÉORIE DE LA SÉLECTION · texte numérisé non relu

CKRVEAU DE LA FEMME ET THÉORIE DE LA SÉLECTION

Il n'existe qu'une relation très vague entre le poids du cerveau et son organisation. On sait combien était faible le poids du cerveau de Gambetta qui fut un puissant orateur et un homme d^tat avisé. En revanche sur six cerveaux pesant plus de dix-huit cents grammes on compte seulement ceux de deux hommes d'une intelligence remarquable, Tourgueneff et Cuvier. Les quatre autres vécurent obscurément ou fmirent leur vie dans des hôpitaux d'aliénés. Le poids absolu du cerveau est un indice dépourvu de signification.

On serait porté à tenir plus de compte de la relation entre le poids du cerveau et le poids total du corps ; mais lorsque Ton compare un sexe à l'autre, certaines précautions doivent être prises. L'importance du tissu adipeux est plus grande chez les femmes que chez les hommes et cette circonstance ajoute à leur poids moyen. D'après les évaluations de Tiedemann, de Vierordt et de plusieurs autres, le rapport du poids moyen de la femme à celui de l'homme est 83 p. 100, alors que le rapport du poids du cerveau est 90 p. 400 ^ Il y aurait déjà une légère diflérence en faveur delà femme ;elle fait place à une supériorité marquée si l'on fait abstraction du tissu adipeux. Le poids de la femme serait dès lors au poids de l'homme comme 70 à 100, et par suite le cerveau serait chez elle un facteur du poids total plus considérable que chez l'homme.

Chez la femme, les lobes pariétaux sont plus développés que les lobes frontaux, et cette circonstance manifeste dès la vie fœtale, a été longtemps interprétée défavorablement pour elle. L'homme est un frontal (homo-frontalis); la femme n'est qu'un homo-pariétalis, disaient avec solennité certains anatomistes allemands, notamment Huschke^. Déjà cependant Broca, procédant à des mesures minutieuses, mettait en doute cette inégalité de développement des lobes frontaux. Mais l'aspect du problème changea quand il fut reconnu que le concours des lobes pariétaux à l'activité des fonctions mentales n'est pas moindre que celui des lobes frontaux. Or d'après les évaluations de Broca, de Cunningham, de Crichton Brown cette partie des hémisphères a, chez la femme, un plus grand développement que chez l'homme*.

Bref la morphologie refuse de décerner aux femmes ce brevet d'infériorité que la consolidation de l'hypothèse darwiniste exigerait. De même qu'il est imprudent d'attribuer à k femme plus de sensibilité qu'à l'homme, il est scientifiquement faux de lui refuser un cerveau aussi bien organisé.

La femme est moins soumise que l'homme à la concurrence vitale ;

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