CONCLUSION
L'étude sommaire à laquelle nous nous sommes livrés a mis en lumière une vérité importante à retenir; c'est que la question de la séparation n'est à aucun degré une question de principe, et que la décision à prendre dans chaque cas particulier doit uniquement dépendre des circonstances. L'examen des avantages et des inconvénients de chacun des deux systèmes nous amène à la conviction que dans l’état actuel des choses, nous devons décidément donner la préférence au régime de l'union. Notre peuple chrétien est, hélas! infidèle dans sa grande majorité! La tâche de l'Eglise est de le ramener et pour y réussir son devoir et de ne pas se
cantonner chez elle dans l'espoir chimérique d'éviter les souillures, mais de se lancer décidément dans la mêlée pour y combattre le bon combat de Christ. Assurément, puisqu'il n’y a que trop de fange sur le champ de bataille, elle en rapportera des souillures. Mais il faut en prendre notre parti. Pour reconquérir notre peuple, il faut qu'elle prenne décidément son parti d’être peuple elle-même. C’est ce que l'esprit aristocratique ne comprendra jamais ; il lui semble qu'être peuple, c'est descendre, s’abaisser. Etre peuple, c’est avoir le cœur du peuple, c’est sentir comme lui, c'est l'aimer, non pour descendre mais pour le faire monter, pour lui donner le sentiment qu’en passant des ténèbres à la lumière, il accomplit l’évolution naturelle de sa destinée. Et cela nous avons vu qu'il est presque impossible de le trouver dans les groupes indépendants. On y aime souvent le peuple d’un amour ardent; mais on l’y aime comme quelque chose d'étranger, comme quelque chose du dehors, en quoi l’on ne reconnait pas sa chair et son sang. Et le peuple sent cela; il consentira sans peine à être traité en enfant, il n’acceptera pas d'être traité en étranger. Et c’est là le grand privilège des Eglises nationales qu’elles seules peuvent donner aux faibles dans la foi le sentiment qu'ils sont chez eux dans son sein. C’est pourquoi, avant tout, nous sommes décidément nationaux. Il peut se présenter des circonstances où la conscience fait un devoir de la séparation; mais c’est assurément chose rare, et l'on peut espérer que cela le deviendra de plus en plus, à mesure que les idées de liberté
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grandiront parmi nous. Même dans une Eglise dont la majorité serait infidèle à sa foi, il faut rester, tant que l’on nous laisse prêcher fidèlement l'Evangile et administrer les sacrements conformément à leur institution.
Nous séparer lorsque ces conditions essentielles sont remplies, c'est suivre notre volonté propre et non la volonté de Dieu, c’est déserter au lieu de servir.
Vu: Le Doyen,
F. LIGHTENBERGER.
Vu: Le Président de la soutenance, h E. VAUCHER.
Vu ET PERMIS D'IMPRIMER, Le Vice-Recteur de l'Académie de Paris, GRÉARD.
© CHAPITRE HDi principe 2 : CuariTRE II. — De l'application . .
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RU n PRoPO ne élire CariTRe I. — Historique de la question