Pouget, Le Syndicat, p
2. Sauf chez M. Griffuelhes dont le ton est beaucoup plus modéré. — Cf. Les Objectifs de nos luttes de classe. La Publication sociale. Voyage révolutionnaire. Paris, 1910.
Le ton de M. Merrheim est également plus objectif. — Cf. La Démocratie sociale, 20 décembre 1909 (la CG. G. T. et la Loi).
Un patron a pris une mesure qui est de nature à empirer le sort de ses ouvriers; ou bien, ceux-ci réclament une amélioration parcellaire de leur condition de salarié. Sur le refus du patron de rapporter son acte ou de faire droit aux exigences destravailleurs le conflit s'ouvre. Avide de tranquillité, la démocratie bourgeoise a prévu le cas, et son arsenal administratif et légal contient nombre de moyens propres à étouffer en germe le différend. C’est alors que le syndicat intervient pour donner au conflit son caractère véritable d’antagonisme fondamental des intérêts en présence et mettre en lumière sa nature exacte de lutte de classe. A une heure choisie par lui, sans avis préalable, il ordonne la cessation du travail (1). C’est unie bataille qui commence, sans incidents peut-être, grosse peut-être aussi de bien des péripéties, mais qui, dans un cas comme dans l’autre constitue essentiellement une manifestation de la violence ouvrière : quand bien même la grève se déroulerait pacifiquement dans ses limites légales, jusqu’à son issue favorable à l’un des deux bèlligérants, elle acquiert une valeur révolutionnaire, dès lors que les travailleurs se refusant à toute conciliation émanant de tiers étrangers au conflit « n’y luttent qu'avec leurs seules ressources (2) » dans les
1. Berth, Marchand, intellectuels, politiciens, le passage relatit aux grèves récentes.