‹ L'Idée de lutte de classes et son évolution depuis le Manifeste communisteChapitre 110 sur 135 · Pouget, Le Parti du Travail, p · texte numérisé non relu

Pouget, Le Parti du Travail, p

que son esprit réformiste pourrait se souligner par des actes excessivement violents ». Les théoriciens déploreraient sans aucun doute que l’organisation ouvrière s’orientât dans le détail des luttes quotidiennes, vers l'emploi des procédés insurrectionnels qui peuvent convenir aux « jacqueries » blanquistes, mais sont indignes d’une classe qui doit apporter au monde le salut moral. Ilne faut point que ce drame de la civilisation que constitue la lutte de la bourgeoisie et des producteurs dégénère « en une guerre d’apaches » (1), et rappelant unescène d’émeute provoquée par une grève, M. Berth conclut ainsi : «guerre de pirates et non lutte de classes » (2). M.Sorel, d'autre part, a consacré son principal ouvrage à donner une définition psychologique de la violence, qui consiste bien moins selon lui dans l'intensité et la fréquence des chocs que dans l'état d'esprit qui interprète ces chocs dans le sens d’une affirmation et d’une accélération de la lutte des classes (3).

La violence, peut-on dire en résumé dans l'esprit des théoriciens du syndicalisme, c’est essentiellement le sentiment, la notion vivante dela lutte des classes, la forme affective et par conséquent active d’un concept.

1, Berth, Révolution sociale..., p. 128.

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