Lagardelle, op. cit., p
où il serait vain de chercher une vue scientifique même hypothétique. « Autre chose est faire de la science, et autre chose est former les consciences (1). » Toute critique porterait donc à faux qui reprocherait à la notion de grève générale de ne point s’appuyer sur des inductions fermes. Ce qu'il faut y voir, c’est la forme aiguë de ce sentiment de la violence qui rend vivante et agissante au cœur des prolétaires l’idée de lutte de classes (2). Grâce à elle «naît un état d'esprit tout épique » qui donne une couleur et une intensité révolutionnaires à des événements € qui paraïitraient médiocres aux historiens bourgeois » (3). Par elle se ramassa en une intuition synthétique ce qu'il y a d’essentiel et de permanent dans le socialisme. Sans insister davantage, il est aisé de constater combien ce point de vue théorique s’écarte des formules des militants, assez sobres pourtant sur ce point. Ici encore la préoccupation éthique des théoriciens crée une divergence que nous allons voir s’accentuer, en étudiant les fins dernières de l’action prolétarienne, telles que les syndicalistes les conçoi-
ven.