‹ L'Idée de lutte de classes et son évolution depuis le Manifeste communisteChapitre 126 sur 135 · Cf. Pataud et Pouget, op. cit · texte numérisé non relu

Cf. Pataud et Pouget, op. cit

4. Rapport du Comité fédéral des Bourses du Travailau Congrès de Tours. Cf. Pelloutier, op. cit., p. 163. Notons que l’on compte beaucoup pour assurer ce «studieux repos » sur les progrès du machinisme dispensant de l'effort,

Ces descriptions apparaissent proprement comme le commentaire ouvrieretl’adaptation aux formesnouvelles d'organisation prolétarienne du communisme traditionnel, fédéralisie et libertaire : elles conservent de ce dernier la prédominance du point de vue consommation etle goût passionné d’une liberté radicale, mais elles le dépassent en appuyant leurs vues d'avenir sur le développement d'institutions existantes.

On peut y saisir une revision dans un sens concret de l'idéal abstrait de l’anarchisme individualiste et une tendance à préciser certaines formules que nous avons relevées dans les derniers grands Congrès de l'Association internationale des travailleurs (1). Ce derniertrait est d'autant plus intéressant, qu’ellessont l’œuvre de militants, au sens le plus strict de ce mot, c’est-à-dire d’individualités plongées dans l’action quotidienne et peu habituées à philosopher sur le mouvement. Il est à remaïquer d’ailleurs que ceux des militants qui ont exprimé de façon assez étendue la pensée syndicaliste se sont montrés beaucoup plus sobres, presque muets, en ce qui concerne les détails de la société future. M. Griffuelhes a d’ailleurs exprimé de façon très nette son avis, et justifie son attitude sur ce point (:). Rappelant que

1. Cf. notre chapitre III. 2. Cf. Les Objectifs de nos luttes de classes p. 39.

J. Muller 13

Le 194 —

la critique philosophique du xvirre siècle fut impuissante à tracer à l'avance le plan de la société bourgeoise, « nous le sommes également — dit-il — pour dégager les formes d’une société libre. Ce que nous savons, c’estque notre force de création correspondra à la force acquise par l’action de chaque jour », et il ajoute « nous n'oublions pas, malgré la grandeur du rôle du syndicalisme, que cette force ne s’acquerra qu’au prix de contradictions et d'incohérences,.

L’attitude des théoriciens n’est pas moins significative. M. Berth, l’un de ceux qui ont réfléchi le plus sur le & but final », a limité ses spéculations de façon rigoureuse au cadre du grand atelier d'artisansartistes : la suppression du privilège capitaliste lui paraît devoir consacrer simplement en le couronnant un long effort de transformation interne auquel doit se consacrer le syndicat. Lorsque les travailleurs auront assez développé leur capacité de producteurs extra-qualifiés, ils constitueront non plus un « agrégal mécanique » (1) soumis à la discipline extérieure du capital et sans âme qui lui soit propre, mais un véritable organisme physique et psychique, dans lequel se résorbera la volonté extérieure et transcendanie » devenue inutile parce que vide de contenu du capital. Cette révolution psychologique

Page 1