‹ L'Idée de lutte de classes et son évolution depuis le Manifeste communisteChapitre 129 sur 135 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Le syndicalisme, tel que le formulent les militants peut se résumer ainsi: une classe, dont les différences internes d’aptitudes et de conditions, quelque réelles qu’elle soient s’effacent devant l’exploitation commune qu’elle subil combat pour la suppression de l’inquité foncière dont elle est victime et l’établissement de la justice conçue selon la définition même de l'idéologie démocratique.

La lutte est menée de la façon suivante : un étatmajor de compétences, entendons par là ceux des prolétaires qui ont pris une conscience nette de l’antagonisme des classes, sans qu'il soit question de leur capacité professionnelle, préside à des mouvements de masse « de plus en plus considérable » : c’est à cette élite, sans cesse croissante et entraînant dans son sillage les foules plus ou moins éduquées qu’incombera la tâche d’assurerle succès de la grande bataille napoléonnienne d’où sortira une société nouvelle. Celle-ci, fondée sur les institutions que le prolétariatélabore dès à présent, réalisera le bonheur commun dans l’abondance des richesses et l'absence

de toute contrainte : c’est le rêve classique du socialisme, interprété et revisé du point de vue d’un impérialisme, ouvrier qui ne constitue qu’une forme de la démocratie.

La philosophie syndicaliste des théoriciens apparaît proprement comme une doctrine morale. Celleci implique, en outre d’une métaphysique de l’histoire déterminée, une certaine définition a priori du fait social.

Et d’abord elle se base sur un matérialisme historique renouvelé et élargi sans doute, et qui se manifeste plus souple que dans les formules marxistes, mais qui n’en affirme pas moinstrès nettement la prédominance du facteur économique dans lPévolution (2) : les classes diverses et opposées constituent d’infrangibles ossatures économiques dont nous ne pouvons nous évader ; or, leur existence tient à l’organisation de la production « que détermine en dernière analyse l’état de la technique » (3); aussi les changemenis historiques sont-ils subordonnés dans l’ensemble à l’apparition\ de conditions économiques nouvelles, puisque l’histoire est le fait de masses soumises au commun destin, etnon celui d’individualités exceptionnelles, dont l’activité

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