‹ L'Idée de lutte de classes et son évolution depuis le Manifeste communisteChapitre 4 sur 135 · Religion, philosophie, socialisme, pages · texte numérisé non relu

Religion, philosophie, socialisme, pages

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Ces quelques lignes nous semblent résumer et définir de façon assez claire la position du marxisme vis-à-vis de la philosophie hégélienne. Un des critiques modernes de l’œuvre de Marx a dit fort heureusement que l'influence de Hegel sur l’auteur du Manifeste avait été surtout psychologique (tr), et en effet, s’évadant assez tôt de la logique (2) et de la métaphysique de l’école, Marx paraît avoir retenu surtout de son premier maître celte notion de développement —Entwicklung— d'évolution progressive au moyen de transformations qui s’engendrent les unes les auires : notion très large, si compréhensive même, qu'elle semble aujourd’hui, par l’abus qu’on en a fait, un peu formelle et vide, mais qui devait être singulièrement suggestive pour des esprits formés à l’école de la philosophie kantienne,

Cette « grande pensée fondamentale », Marx et Engels ont voulu : l’appliquer à la réalité; or, leur

1. Cf. Benedetto Croce, Matérialisme historique et économie mraxiste. Traduction Bonnet. Paris, Giard et Brière, 1901.

2. Notons que Marx se vante, en 1873 (Préface à la 2e édition allemande du Capital), d’avoir révolutionné la dialectique hégélienne. Ce passage d'Engels que nous citons enregistre cette révolution, lorsqu'il parle des concepts comme des images de choses. Les commentateurs récents du marxisme ont tendance à dédaigner les interprétations d'Engels. Il ne faut pas oublier cependant que c’est avec Engels que Marx travailla pendant plusieurs années à cette critique de la philosophie hégélienne et post-hégélienne, livrée plus tard à la « critique rongeuse des souris » Cf. Préface à la Critique de l’économie politique. Schleicher. Paris, 1899.

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