‹ L'Idée de lutte de classes et son évolution depuis le Manifeste communisteChapitre 52 sur 135 · Guerre et Paix, conclusion générale, II · texte numérisé non relu

Guerre et Paix, conclusion générale, II

corps et de l’âme (1) » et il est bon qu'il en soit ainsi, car notre mission est de réaliser la justice et non de produire des richesses (2). « D’une nation qui ne saurait que produire de la richesse, on pourrait dire qu'elle a été créée et mise au monde pour fabriquer du fumier. Il est à peine besoin de marquer combien ces principes aussi rigoureux qu’énergiquement formulés s'opposent à l'idéal manchestérien de l’économie classique dont Marx, au contraire semble parfois tout proche (3). C’est un premier point où l’idée des classes ouvrières telle que Proudhon la conçoit est « en parfait contraste avec l'idée « bourgeoise. »

L'homme est essentiellement un être quitravaille : sa vie entière tient dans le geste nécessaire à la consommation matérielle et morale. C’est sa loi, et en y obéissant seulement, il jouit « de la plus haute prérogative dont un être puisse s’enorgueillir ; il existe par lui-même. Rien de commun entre lui et la multitude des bêtes consommant sans produire... (4) ». S'il prend conscience de son rôle de producteur, et s’il organise son existence en conséquence, elle va se transformer en une « réjouissance perpétuelle, une

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