Monde maçonnique, septembre 1871, pp
contre toi, a restauré le militarisme. Car tu ne peux trop rompre solennellement avec cet esprit de gloire, mortel àla liberté...» Une pareille délivrance valait la peine d'être payée ; l'éternelle proscription du militarisme ne pouvait être achetée trop cher. Sans ambages, les maçons de Bruxelles le signifiaient à la France : « La paix ! La paix ! s'éeriaientils ; et, si elle tient à une question de forteresses, prends toi-même la pioche : ce sera démanteler l'œuvre de tes oppresseurs. Ta véritable forteresse doit être un peuple instruit et libre... La paix ! et, si l'on te demande davantage, puisse la liberté t'avoir rendu la vigueur des nobles résolutions ! » La phrase était troublante; jusqu'où la France, pour être digne de la liberté retrouvée à Sedan, devrait-elle pousser la noblesse de la résignation? Or, les Bruxellois de répondre, avec une œillade, sans doute, pour la maçonnerie d'Italie : « Tu rejettes la politique de César, ô France ; rejette aussi ses présents. Renonce à ce que cette parodie de suffrage dont tu as été dix-huit ans victime t'a donné de territoires : désarme la conquête en rendant à Garibaldi sa patrie ; et fais-toi grande en revenant à des frontières qui ont suffi à la France de Juillet et de Février1. »
C'est ainsi que les compliments qu'adressait à la France émancipée l'humanitarisme international se terminaient tous par un appel au renoncement : on eût dit qu'elle devait payer rançon aux autres peuples pour une défaite qui l'avait rendue libre. La Ligue de la Paix et de la Liberté