‹ L'idée de patrie et l'humanitarismeChapitre 136 sur 331 · GAMBETTA, RIVIÈRE ET GARIBALDI · texte numérisé non relu

GAMBETTA, RIVIÈRE ET GARIBALDI

drapeau républicain » ; et une péroraison, à longue échéance, sur « le terrestre paradis de la République universelle », atténua la lugubre désespérance de ces paroles d'adieu1.

Avant-coureur de la République universelle aussi, ce singulier citoyen Train, que l'on vit émerger à Marseille, en octobre 1870, exubérant d'optimisme et d'emphase. Américain d'origine, il enflamma la Ganebière. « A Berlin ! à Paris ! » criait-il à la cantonade. Il fallait de la poudre, des balles, des fusils ; il se chargeait d'en fournir, d'en faire venir des Etats-Unis ; car nos ambassadeurs, impérialistes et par conséquent mauvais Français, devaient arrêter les munitions... Et l'Alhambra, au nom de la démocratie, remerciait cet obligeant comparse2.

Ce fut l'honneur de Gambetta, lorsque son césarisme, à Tours, commença d'asseoir la République, de se dérober virilement aux préjugés et aux chimères de ses amis politiques J, et de faire prévaloir contre les exigences de leur esprit de système une politique réaliste, instrument du salut national. L'Assemblée de Versailles lui put reprocher de n'avoir jamais perdu de vue l'intérêtrépublicain ; le fait était exact, mais était-il légitime d'en tirer un grief? Gambetta avait peutêtre le droit d'identifier avec la France cette

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