‹ L'idée de patrie et l'humanitarismeChapitre 135 sur 331 · Trochu, op. cit., I, pp. 47 et · texte numérisé non relu

Trochu, op. cit., I, pp. 47 et

6. Crémieux allait jusqu'à dire à Bordone : «Oh! ce cher Garibaldi, que de plaisir j'aurais à le voir ! Ah ! si nous pouvions le faire entrer à Paris, quel effet ça produirait! Dût-on sacrifier du monde pour cela, nous l'y ferons entrer. » (Général Bordone, Garibaldi et l'armée des Vosges, p. 15. Paris, Le Chevalier, 1873.) Au club de l'Elysée-Montmartre, dans l'hiver de 1870, on demandait un comité de la défense et du débloquement, qui nommerait Garibaldi général en chef (Molinari, les Clubs rouges, p. 180). Au club Favié, des orateurs populaires annonçaient — et il» trouvaient créance — que Garibaldi était passé en Allemagne, où

blait que ce personnage, auquel une bizarre destinée, de vingt en vingt ans, réservait l'héritage provisoire des émeutes, demeurât fasciné, dans son cabinet de Tours, par l'emphatique souvenir de la réception qu'en 1848, membre du Gouvernement provisoire, il avait faite aux délégués de la franc-maçonnerie. « La République, leur avaitil dit, fera ce que fait la maçonnerie ; elle deviendra le gage éclatant de l'union des peuples sur tous les points du globe, sur tous les côtés de notre triangle; et le Grand Architecte de l'Univers, du haut du ciel, sourira à cette noble pensée de la République, qui, se répandant de toutes parts, réunira dans un même sentiment tous les citoyens de la terre f . » Les aventuriers exotiques qui venaient offrir à la Défense leur parole ou leurs bras n'étaient-ils pas les avant-coureurs de la République universelle ? Un étranger, membre de l'Internationale, mourut à Toulouse, sous la dictature de Duportal ; alors les délégués des clubs arborèrent la bannière rouge ; Duportal, sur la tombe, rendit solennellement « à la terre, mère incréée de l'éternelle humanité, le corps inanimé de cet intrépide champion de la pensée libre et du

l'Internationale l'attendait pour proclamer la république; qu'il offrait au Gouvernement français de venir débloquer Paris, à la tête de 300.000 révolutionnaires italiens, polonais, hongrois, et que le Gouvernement s'y opposait (Molinari, op. cit., pp. 98 et 117). — Cf. la Libre Conscience, 10 juillet 1870, p. 197, citant un article du Siècle, signé d'Henri Martin : •< Garibaldi vaut plus qu'une armée et plus qu'un peuple, car il vient au nom de tous les peuples et apporte avec lui l'étendard du droit universel, l'idéal de l'universelle humanité... L'Allemagne même sera troublée dans ses profondeurs par la venue de Garibaldi. C'est pour elle une grande défaite inorale. »

1. Jouaust, Histoire du Grand-Orient de France, pp. 502-505 (Paris, Blanpain, 1865).

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