Rossel, Papiers posthumes, p
GUSTAVE FLOTJRENS 147
lorsqu'il eut perdu toute foi dans l'avenir de la Commune, il ne retira rien de sa fidélité. Il lui fallut peu de jours pour sentir l'inefficacité de la résistance parisienne : poursuivre un système de répression contre les citoyens qui refusaient ou marchandaient leur concours à cette résistance lui parut, dès le 7 mai, un acte de stérile barbarie; il y renonça1. Il n'aimait point, d'ailleurs, le « triste drapeau rouge » ni les « gueux d'officiers de la Commune2», et, le 9 mai, il refusa d'exercer plus longtemps « un commandement où tout le monde délibérait et où personne n'obéissait ». «La maladie des démocraties, écrivit-il, c'est de partager les responsabilités. On ne fait ainsi que de petites choses. Cette tendance - est excessivement favorable aux petits despotismes et aux grosses dilapidations. Un individu qui n'a qu'un dixième, ou un centième, ou un millième d'influence dans la solution d'un débat déterminera son opinion par des raisons dix fois, cent fois, mille fois moins déterminantes que s'il avait toute la responsabilité3. » L'homme d'action qui signait ces lignes eût pu jouer dans la Commune, au nom du patriotisme, le rôle dictatorial que joua Gambetta dans la République; il fut, après la victoire de l'armée de Versailles, condamné à mort et exécuté, bien qu'on ne pût prétendre ni qu'il se fût servi de la Commune, ni que la Commune eût su profiter de ses services.
Tout autre était Gustave Flourens : il fut dès sa prime jeunesse un irrégulier qui promenait à tra-