‹ L'idée de patrie et l'humanitarismeChapitre 159 sur 331 · Desrues, op. cit., pp · texte numérisé non relu

Desrues, op. cit., pp

cités à comparaître en personne ou par représentant ayant qualité maçonnique, le samedi 29 octobre ».

On vit, ce soir-là, quinze à dix-huit cents maçons parisiens se presser dans l'enceinte ; les deux accusés étaient contumaces. Foussier régnait sur l'assemblée; il fit décider, à l'unanimité, qu'on procéderait immédiatement au jugement. La présidence, pour plus de solennité, fut attribuée à Colfavru, le futur député radical de Seine-et-Oise : il avait, avec Hugo, longtemps représenté, dans les îles normandes, la liberté proscrite ; et sa conscience austère mais naïve trouvait probablement quelque attrait à se faire la justicière d'un monarque victorieux. Thirifocq, qui devait, peu de mois après, mêler la maçonnerie à la Commune, lut un acte d'accusation contre les deux Frères couronnés ; l'assemblée, frémissante, allait passer au vote, lorsque Colfavru, qui était sérieux, eut un scrupule de légalité. Il expliqua que certainement le roi de Prusse avait, par les journaux, connu la citation, mais que, régulièrement, il fallait la lui transmettre par les voies diplomatiques, « que le citoyen Jules Ferry avait promis le concours du Gouvernement, et qu'aussitôt la citation parvenue à son adresse il serait procédé ainsi que les usages judiciaires le comportent». Le meeting approuva : sur l'acte d'accusation de Thirifocq, quatre-vingt-dix maçons, représentant leurs ateliers, échelonnèrent leurs signatures ; et une commission de sept membres fut nommée pour obtenir du Gouvernement un saufconduit qui permettrait de porter la citation.

Page 1