Monde maçonnique, septembre 1871, p
historien; il ne parle que du bout des lèvres et d'une façon volontairement insaisissable :
Quelques Frères s'étaient mépris sur les intentions du Frère Foussier, et, dans le courant de janvier 1871, ils osèrent lui faire la proposition de faire prononcer une condamnation contre Guillaume, devenu empereur d'Allemagne, et contre son fils, disant qu'ils avaient les moyens de faire exécuter la sentence. Le Frère Foussier repoussa cette proposition avec indignation, en disant que la maçonnerie, ne vivant que dans le monde moral, ne pouvait vouloir produire que des effets moraux; qu'elle pouvait bien déclarer un Frère parjure, mais non prononcer des sentences qui rappelleraient les sociétés d'une autre époque. Il ajouta que les ennemis de l'institution pouvaient seuls faire de semblables propositions; cependant, on insista et on offrit au Frère Foussier cinquante mille francs pour faire rendre le jugement : il est inutile de dire qu'il persista dans son refus1.
Nous ne nous chargerons point d'expliquer ces lignes un peu étranges, où quelques Frères audacieux apparaissent obsédés du souvenir de la Sainte- Vehme, comme l'était Foussier du souvenir de Grégoire VII : ce qu'il y a de sûr, c'est que, dans les dossiers de la justice maçonnique, l'affaire Hohenzollern demeura définitivement classée.
On put, au reste, deviner bientôt à Paris quel accueil aurait fait la maçonnerie allemande à cette ridicule citation : un démêlé qu'elle eut avec les Frères suisses prouvait à ce moment même, d'une façon fort édifiante, ses susceptibilités d'humeur. La grande loge Alpina, composée des députés de tous les ateliers maçonniques de la Suisse, s'étant réunie à Lausanne, le 3 sep-