‹ L'idée de patrie et l'humanitarismeChapitre 162 sur 331 · PROTESTATIONS I>ES LOGES ALLEMANDES · texte numérisé non relu

PROTESTATIONS I>ES LOGES ALLEMANDES

tembre 1870, pour élaborer un long manifeste contre la guerre1, Findel, dont le journal maçonnique la Bauhùtte était fort apprécié dans les loges d'outre-Rhin, demanda des explications à YAlpina.

Nous avons été, déclara-t-il, amèrement déçus par cet écrit, qui blesse le sentiment national allemand. Nous croyons que c'est un devoir maçonnique incontestable de se garder d'une immixtion contraire aux lois maçonniques dans les disputes des partis politiques... Il est injuste de reprocher à la nation allemande d'avoir livré à la boucherie l'élite de sa population sans avoir préalablement essayé une entente ou demandé une médiation... Il est faux qu'on ait fomenté une inimitié trompeuse entre deux grandes races... Il est faux que nos gouvernements prétendent disposer du sort de leurs sujets et des destinées de l'Europe, car, dans les circonstances actuelles, le peuple allemand est uniformément d'accord avec ses gouvernements... Nous regrettons que la grande loge Alpina voie les événements au travers de lunettes aussi troubles et mette les deux nations dans le même sac2.

On ne pouvait plus crûment signifiera la maçonnerie universelle, dont le Grand-Orient de France se flattait d'être une docile ramification, que l'on était Allemand avant d'être maçon; que l'humanitarisme maçonnique, en se mêlant de la guerre franco-allemande, se mêlait de ce qui ne le regardait point; que le patriotisme germanique avait des droits supérieurs ; et que l'on recommencerait

1. Le manifeste de YAlpina fut reproduit dans le Monde maçonnique, novembre 1871, pp. 418 et suiv.

2. La protestation de Findel est reproduite intégralement dans la Vérité, journal maçonnique de la Suisse romande, 7 novembre 1870, pp. 171-174.

de tonner, en loge, contre les lauriers souillés de sang, lorsqu'on se serait soi-même, aux dépens de la France, couronné de ces lauriers.

Attitude chaleureusement patriotique des loges allemandes. — L'unité allemande consacrée par l'unité de la maçonnerie allemande. — Insultes de la maçonnerie allemande contre la France. — Commentaires de François Favre et de Caubet. — Rapport de Jean Macé à YAlpina sur la question : « Patriotisme et Maçonnerie. » — Discussion, au grand convent de 1871, sur les rapports futurs avec la maçonnerie allemande.

Elles étaient bien lointaines, encore que toutes proches, les heures d'ivresse humanitaire que l'on coulait doucement, à la loge Concordia, sous les naïfs auspices du Grand-Orient de France, entre maçons français et maçons allemands ! On mit quelque temps, dans les loges françaises, à se remettre d'un pareil coup. Caubet, qui approuvait, lui, le manifeste de YAlpina, prit l'Allemagne à partie, avec la vivacité de l'amitié trompée1 : il lui fit savoir qu'elle entrait dans l'âge de fer de la civilisation, et versa des larmes, non sur la France vaincue, « dont l'action pouvait, plus que

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