‹ L'idée de patrie et l'humanitarismeChapitre 166 sur 331 · UN RAPPORT DE JEAN MACÉ · texte numérisé non relu

UN RAPPORT DE JEAN MACÉ

la forte hache du charpentier, avec le lourd levier de fer, afin de démolir, afin de raser jusqu'au niveau du sol, et, après l'avoir bien déblayé de ses décombres, le faire servir à l'élévation d'un édifice nouveau4.

Mais François Favre, directeur du Monde maçonnique, faisait contre mauvaise fortune bon cœur ; avec une audacieuse désinvolture, il alléguait l'exemple même de la maçonnerie allemande — exemple que, d'ailleurs, il trouvait « déplorable » — pour démontrer que « l'esprit cosmopolite de la franc-maçonnerie n'a rien de contradictoire avec l'esprit patriotique'2 ». Il mêlait même à cette argumentation rassurante un développement contre l'internationalisme des Jésuites. Cherchant des arguments pour prouver à ses concitoyens qu'on peut être à la fois maçon et patriote, François Favre en trouvait, et à profusion, au-delà du Rhin; et jamais on ne pratiqua plus élégamment l'art de tirer parti des insultes.

JeanMacé avait encore plus de sérénité. Il profita d'un appel de YAlpina, qui avait mis à l'ordre du jour de sa réunion solennelle de 1871 la question suivante : Patriotisme et Maçonnerie ; sa plume humanitaire s'acharna sur cette délicate question, et les Frères lui durent un très instructif travail. Considérant le langage de Findel comme « l'expression isolée de la manière de voir d'un Frère qu'aveuglent en ce moment les ardeurs du patriotisme », il rappela ce manifeste pacificateur de Kehl, pour lequel il avait quêté, en 1867, des signatures allemandes ; et, s'abritant derrière ce

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