‹ L'idée de patrie et l'humanitarismeChapitre 167 sur 331 · Monde maçonnique, octobre 1871, pp · texte numérisé non relu

Monde maçonnique, octobre 1871, pp

souvenir, il entreprit l'étude philosophique du

problème posé.

La patrie maçonnique, dit-il, c'est l'humanité; disons mieux, car elle est placée plus haut encore : c'est l'idéal de justice à réaliser dans la personne humaine, partout où elle se rencontre. Chaque maçon a la sienne ensuite, dont les intérêts particuliers et les convenances ne sauraient prévaloir, c'est vrai, ni dans son esprit ni dans son cœur, contre la loi de justice, contre les droits de l'humanité.

Il y a donc une « subordination, forcée pour chacun des maçons, de la patrie personnelle à celle qui nous est commune, à notre idéal de justice ». Cette subordination peut-elle faire du maçon un mauvais citoyen? Non, répond Macé, car

La famille, la cité natale, la patrie sont une extension progressive de la sphère du moi, s'épurant davantage et pour ainsi dire s'évaporant à mesure qu'il se répartit sur une plus large surface d'êtres, qui sont siens, en série décroissante, comme parents, concitoyens, compatriotes. Son dernier terme appréciable d'évaporation, c'est l'humanité, dans laquelle il achève en quelque sorte de se perdre en s'étendant sur tous les hommes ses semblables, et qui est la région impersonnelle par excellence, celle où l'être humain s'éloigne le plus de l'égoïsme animal. Or, de même que l'aigle qui s'élance vers les hautes régions de l'atmosphère ne peut les atteindre qu'après avoir traversé les couches inférieures, de même l'essor moral, qui enlève l'homme aux extrêmes limites de la sphère du moi, le fait passer par les étapes intermédiaires... L'âme qui a pu s'ouvrir à l'enseignement maçonnique du dévou< nent à la lointaine humanité ne saurait méconnaître la loi du dévoue ment à la patrie, qui la touche de plus près.

Macé ne s'attarde point sur ces cimes, qu'on dirait effilées en pointe d'aiguille; il descend

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