LA PROVINCE DE FRANCE
de son long passé. Il y avait, chez les hommes de cette école, je ne sais quel besoin de modestie pour la France. Témoin certain préfet du Quatre-Septembre, fort apprécié dans les loges1, qui, s'excusant, en 1867, de ne pouvoir assister au Congrès de Genève, avait ainsi signé sa lettre aux congressistes : « Guépin, Européen, né en votre province de France, à Pontivy (Morbihan)2.» Le traité de Francfort détacha de cette province de France deux larges districts et installa, proche d'elle, un Empire qui se qualifia de national et qui n'affecta point cette audacieuse humilité de jouer à la province. Et, sous l'impression de cet événement, ceux d'entre les républicains qui détestaient encore les lisières de l'idée de patrie, imposèrent du moins quelque discrétion, durant une assez longue période, à leur « humanitarisme » rougissant...
1. Guépin adressait aux loges, en 1869, un projet de rituel pour l'initiation au grade de| compagnon, et saluait dans les francs-maçons « des frères aînés qui doivent faire l'éducation du reste de la famille humaine». Monde maçonnique, octobre 1869, p. 341, et janvier 1870, p. 5*2.)