‹ L'idée de patrie et l'humanitarismeChapitre 197 sur 331 · CHAIR A CANON · texte numérisé non relu

CHAIR A CANON

lettres, à qui l'on fait gloire, aujourd'hui, d'avoir été l'une des meilleures auxiliaires de la propagande républicaine, publia, en 1873, Chair à canon1. C'est l'histoire d'un officier bavarois qui se fait Français pour servir la République universelle et régénérer la démocratie européenne, et d'une Française, sa fiancée, qui, sur son lit de mort, déchirant un testament par lequel elle léguait ses biens à la France pour faire fondre des canons, consacre sa fortune à la fondation d'écoles laïques en France, au développement du mouvement démocratique en Prusse, à la multiplication, par toute l'Europe, des Comités de propagande démocratique internationale. On ne doute pas, en fermant le livre, que le prochain avènement des Etats-Unis d'Europe récompense une si intelligente générosité ; et ce parti pris de déshériter le Ministère de la Guerre au profit du Ministère de l'Instruction2 apparaît comme le symbole d'une antique chimère humanitaire, que l'histoire antérieure fournissait à Mme Gagneur, et qu'avec l'aide des maîtres d'école l'histoire ultérieure fera s'épanouir ; nous la retrouverons en son temps, mais nous sommes encore, ne l'oublions point, au temps de Gambetta. Ce roman àthèse eut d'innombrables éditions ; les journaux avancés, les almanachs démocratiques3, le découpaient

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