‹ L'idée de patrie et l'humanitarismeChapitre 199 sur 331 · LES ÉTATS-UNIS D'EUROPE · texte numérisé non relu

LES ÉTATS-UNIS D'EUROPE

Gambetta de vouloir une France armée, et nous invitait à cette abstention, à cette réserve, à cette expectative dont la République américaine donnait l'exemple : notre histoire, nos gloires, nos désastres même passaient inaperçus pour Fauvety ; nous étions une république, et l'esprit abstrait du publiciste, l'un des philosophes les plus écoutés de la maçonnerie, cherchait à travers le monde des républiques sœurs sur lesquelles nous devions obligatoirement nous régler1. Henri Martin, ayant eu la témérité, en 1874, de prononcer le mot de revanche, fut blâmé par les Etats-Unis d'Europe2. Cette revue et les Congrès dont elle était l'organe3 surveillaient d'assez près notre politique intérieure elle-même. On affirmait, dès 1878, que « notre armée était peuplée de Jésuites4 » ; et l'on distribuait l'éloge ou le blâme à nos chefs militaires, qui, probablement, n'en avaient souci; car les lois de l'avancement, sous le règne de Gambetta, n'étaient point subordonnées aux caprices de la presse. Le soldat idéal, pour le périodique franco-suisse, c'était certain lieutenant-colonel dont nous tairons le nom, et qui, dans un ordre du jour adressé à son régiment, déplorait les barrières internationales, menaçantes pour la paix universelle, et appelait de ses vœux la constitution des Etats-Unis d'Europe5.

i. Etats-Unis d'Europe, 1% avril 1872.

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