‹ L'idée de patrie et l'humanitarismeChapitre 200 sur 331 · Etats-Unis d'Europe, 28 août · texte numérisé non relu

Etats-Unis d'Europe, 28 août

Des officiers, l'on passait aux députés; on publiait avec insistance, à leur usage sans doute, l'opinion fort autorisée d'un correspondant de Francfort, qui recommandait à notre République le système des milices, la séparation de l'Eglise et de l'Etat et la laïcité de l'instruction, et l'on nous promettait au nom de cet ami d'outre-Rhin qu'en dix ans, si nous l'écoutions, nous aurions moralement conquis l'Europe1 ; on félicitait le peuple français, au Congrès de Genève de septembre 1877, pour sa résistance au Seize-Mai2 ; on gênait Ferry plus qu'on ne l'honorait, en lui rappelant, en septembre 1879, dans une lettre où on le complimentait de ses projets scolaires, qu'il avait, sous le second Empire, assisté au Congrès de Lausanne. « Continuez, lui disait-on ; la solidarité des peuples fait qu'en travaillant pour la France vous travaillez pour l'Europe 3. » On touchait à tout dans ces Congrès et dans cette revue ; mais, en réalité, l'on ne pensait qu'aux choses de France.

Notre deuilnational,cedeuil quene quitta jamais Gambetta, semblait presque un péché contre l'idée républicaine ; on applaudissait Garnier-Pagès

i. Etats-Unis d'Europe, 21 novembre 1872. — En 1878, la Fédération des Sociétés de la Paix, par l'organe d'Adolphe Franck, se distingua de la Ligue de la Paix et de la Liberté en protestant ne vouloir se mêler ni de séparer l'Eglise et l'Etat ni de faire des Etats-Unis d'Europe (Etats-Unis d'Europe, 10 octobre 1878).

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