‹ L'idée de patrie et l'humanitarismeChapitre 210 sur 331 · L'Année terrible, p. 141 (Paris, édit. Hachette · texte numérisé non relu

L'Année terrible, p. 141 (Paris, édit. Hachette

LE CHÊNE d'hAUTEVILLE-HOUSE 231

recommençait à rêver du jour où la France, ayant reconquis la rive gauche du Rhin pour le généreux plaisir d'en refaire présent à l'Allemagne, dirait à cette sœur ennemie : « Plus de frontières ! Le Rhin à tous ! Soyons la même République, les Etats-Unis d'Europe, la paix universelle 1 ! »

En sa volage impatience, il songeait, de rechef, aux souffreteuses destinées du chêne mort-né d'Hauteville-House Pauvre grand poète, pourquoi donc plantait-il à cet âge? La « fraternité universelle», avec les années, ne lui devint plus seulement un rêve, mais une sorte d'idée fixe.

Soit qu'il envoyât son adhésion, en 1872 et 1875, aux Congrès de la Paix de Lugano et de Genève2; soit qu'il s'imaginât, comme délégué de la commune de Paris, d'adresser un message aux délégués des autres communes de France à la veille d'un renouvellementsénatorial3;soitqu'ildonnâtunmot d'adieu à une députation d'ouvriers parisiens s'en allant visiterl'Expositionde Philadelphie4; soitqu'il présidât quelque conférence démocratique5; soit, enfin, qu'il s'ingérât, avec l'autorité du prophète,

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