‹ L'idée de patrie et l'humanitarismeChapitre 215 sur 331 · LEMONNIER ET LES FUNÉRAILLES D HUGO · texte numérisé non relu

LEMONNIER ET LES FUNÉRAILLES D HUGO

Cependant, à certaines heures, le spectacle de la réalité, s'interposant comme un voile, obnubilait son regard de prophète : alors le prochain xxe siècle lui paraissait moins radieux, alors il se laissait aller à dire qu' « on n'entrevoyait plus la paix qu'à travers un choc et au-delà d'un sinistre combat1 »; mais les États-Unis d'Europe, immédiatement, châtiaient par une sévère protestation la défaillance du rêveur2; la Gazette de Francfort insistait et ratifiait la punition3... Et le vénérable poète, ainsi bousculé dès qu'il regardait la terre, regagnait son Olympe, où l'attendait à l'avance, pour le cerner, la captieuse fumée des hommages. Lorsque, en 1885, il mourut, Lemonnier, au nom du Comité de la Ligue de la Paix, écrivit à M. Turquet pour qu'aux funérailles de Victor Hugo, désormais confisqué par l'humanitarisme, la patriotique clameur des salves d'artillerie fût supprimée4.

On rencontrait derrière Garibaldi et derrière Victor Hugo, soit dans les séances des Congrès

Page 1