‹ L'idée de patrie et l'humanitarismeChapitre 227 sur 331 · Chaîne d'union, 1887, p · texte numérisé non relu

Chaîne d'union, 1887, p

2. Bauhutte, 25 mars 1876, p. 97. — Cf. dans le Bulletin du suprême Conseil de Belgique, 1er novembre 1887-1" novembre 1888, pp. 160-228, les innombrables discours prononcés dans les grandes loges allemandes à l'occasion de la mort de Guillaume Ier et de Frédéric III.

3. Baukutte, 23 juin 1877, pp. 198-199. — Cette loge avait été solennellement ouverte le 3 avril 1872 (Chaîne d'union, mai 1872, p. 292). — Le futur Frédéric III était un maçon très pratiquant ; il favorisait avec zèle les recherches historiques sur l'origine de la maçonnerie, et c'était souvent le thème de ses morceaux d'architecture (Bulletin du Grand-Orient de Belgique, 1875, pp. 163-164, discours en loge de Breslau ; id., 1882, p. 87, discours de Dresde); c'est lui qui fit à la loge Aux Trois Globes de Berlin, en 1881, l'éloge maçonnique et funèbre du prince Frédéric des Pays-Bas, grand-maître de la maçonnerie néerlandaise (Id., 1881, p. 76).

4. Quoi qu'il en soit, en cette même année 1877, les trois grandes loges de Prusse, félicitant Frédéric à l'occasion de l'anniversaire de sa naissance, lui écrivaient: « Par les glorieux combats auxquels a pris part Votre Altesse, l'unité de l'Allemagne a été accomplie. Nous croyons être d'accord avec "Votre Altesse en nous efforçant de travailler à ce que, d'année en année, l'union devienne plus étroite et plus durable, sous le rapport intellectuel et moral, entre tous les Allemands, à ce que leur attachement à la maison impériale devienne inébranlable. » (Bulletin du Grand-Orient de Belgique, 1876-1877, pp. 204-205). — Et la grande loge de Hambourg, à l'occasion du 80° anniversaire de Guillaume Ier, lui remettait cette adresse : « Les francs-maçons, quoique amis de la paix, honorent dans Votre Majesté le grand, le victorieux guerrier, pour qui la guerre n'était qu'un moyen inévitable d'assurer une paix durable à la patrie allemande, et de retrouver son unité perdue. Ils trouvent dans Votre Majesté, et dans la sublime dynastie des Hohenzollern, l'espoir et la certitude du développement continu et progressif, ainsi que l'ennoblissemeni du peuple germanique, et, par conséquent, la réalisation de l'idéal de la maçonnerie. » (Bulletin du suprême Conseil de Belgique, i" novembre 1877-1" novembre 1878, p. 170).

Mais ces incidents, si graves qu'ils fussent, n'eurent qu'une médiocre influence sur les rapports de la maçonnerie française avec les maçonneries étrangères. Un publiciste maçonnique fort écouté, et d'autant plus influent parmi ses Frères qu'il était peu connu des profanes, était, à lui seul, entre le Grand-Orient et le reste du monde, comme un perpétuel garant d'amitié : nous voulons parler d'Hubert, directeur de la Chaîne d'union. C'était un personnage fort curieux, et, par certains traits, il était touchant1. Il avait, de 1851 à 1853, occupé le poste de secrétaire du Grand-Orient; deux années lui avaient suffi pour que le nombre des « planches » échaugées entre le Grand-Orient et les divers ateliers devînt à peu près vingt fois plus considérable. Les suspicions de l'Empire l'amenèrent à quitter cette fonction ; mais il se voua tout entier à la maçonnerie, allant jusqu'à faire des frais d'érudition pour rendre plus pressantes les déclarations d'amour dont il la comblait. « J'aime les colonnes des loges, écrivaitil un jour, comme Antée aimait la terre où il puisait l'énergie nécessaire pour surmonter tous les obstacles. » 11 disait une autre fois qu'il ne voulait pas d'autre femme que la maçonnerie. Il pardonnait tout à cette maîtresse, même d'être désobligeante pour le Grand Architecte : lorsqu'en 1877 Dieu fut supprimé, Hubert regretta le départ d'un aussi grand nom, mais il resta maçon, et bon maçon. Vénérable ou membre d'honneur de plus

2. Nous empruntons tous ces renseignements sur Hubert au Procès, verbal de la réunion extraordinaire et solennelle ayant eu pour objet le* récompenses à décerner au TV. Honr. F.-. Hubert (Paris, Hugonis, 1880).

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