‹ L'idée de patrie et l'humanitarismeChapitre 244 sur 331 · UNE BROCHURE DE M. JEANVROT 27S · texte numérisé non relu

UNE BROCHURE DE M. JEANVROT 27S

déclarait en propres termes, et avec le demi-assentiment de Gambetta, que « la France demeurait la fille aînée de l'Eglise1», et, fort de cette croyance, il sut défendre efficacement, en Syrie et à Jérusalem, contre l'Autriche et contre l'Italie, l'influence de la France vaincue2. Instruits par l'exemple de ce diplomate, encouragés par son succès, Gambetta et Ferry proclamaient volontiers que l'anticléricalisme n'est point un article d'exportation; alors les «Droits de l'homme», de nouveau convoqués contre la patrie, par la « métaphysique politique », accouraient à la rescousse du philosophe de Kœnigsberg et de ses disciples genevois^ « Point de convertisseurs, disaient les Etats- Unis d'Europe : la bonne politique est partout et toujours laïque3. » La maçonnerie française s'agitait : pressentant peut-être l'influence qu'elle était appelée à prendre dans nos administrations d'outremer, elle dédaignait de prendre parti dans les débats dont la politique de Ferry était l'objet; mais, à l'endroit des missionnaires, elle gardait ses coudées franches. Elle fit un succès, en 1885, à la conférence que donna, dans une loge, un magistrat angevin, M. Jeanvrot. Une brochure intitulée : la Question coloniale et la Maçonnerie,

1. « Il y eut un jour où M. de Chaudordy obtint que le Gouvernement de la Défense nationale ferait toutes ses réserves sur les événements qui venaient de donner Rome comme capitale au royaume d'Italie. Il soumit, à cet effet, à l'agrément de G-ambetta, une dépêche destinée au cabinet italien, dans laquelle on lisait cette phrase : « La France est toujours la fille aînée de l'Eglise. » Expédiez-la, fit Gambetta après une brève hésitation ; mais il est inutile de la publier. •> (Ernest Daudet, Histoire diplomatique de l'alliance franco-russe, pp. 53-54. Paris, Ollendorf , 1894.)

2. Comte de Chaudordy, Considérations sur la politique extérieure et coloniale de la France, p. 102.

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