Etats-Unis d'Europe, 18 avril
3. Etats-Unis d'Europe, 13 juin 1885. — Cf. Pierantoni.Ze Traité de Berlin de 1885 et l'Etat indépendant du Congo, pp. 122 et suiv. (Paris, Rousseau, 1901).
La France dans les missions : ferme vouloir du comte de Chaudordy, de Gambetta et de Ferry, de continuer la tradition nationale. — Hostilité de l'esprit cosmopolite et de la maçonnerie contre notre protectorat : pamphlet maçonnique d'un magistrat angevin contre l'œuvre de nos missionnaires. — Délations adressées à Macé contre le « cléricalisme » de nos diplomates dans le Levant. — Vœu de A. -S. Morin, que les missionnaires perdent tout droit à la protection nationale.
Les adversaires radicaux de notre politique coloniale enveloppaient dans leurs suspicions nos prérogatives de puissance protectrice de l'Eglise. Emmanuel Kant, dont le Projet de paix perpétuelle demeurait le bréviaire de la Ligue de la Paix et de la Liberté, signale en un endroit les « injustices commises par les Etats qui se piquent de dévotion1 ». Veiller sur les missions catholiques à travers le monde, recueillir le bénéfice et accepter les obligations de ce sumptueux héritage moral que l'amitié du Saint-Siège continuait de nous reconnaître, n'était-ce point précisément « se piquer de dévotion »? Dès le lendemain du 4 Septembre, le Gouvernement de la Défense nationale avait affronté ce ridicule reproche; le comte de Chaudordy, dans une courageuse dépêche qu'il adressait au cabinet piémontais pour exprimer nos réserves au sujet de l'occupation de Rome,
1. VoirRuyssen, Kant-, pp. 239 et suiv. (Paris, Alcan, 1900).