‹ L'idée de patrie et l'humanitarismeChapitre 253 sur 331 · Séance du 25 novembre 1880 (Ferry, Discours, VI, p · texte numérisé non relu

Séance du 25 novembre 1880 (Ferry, Discours, VI, p

2. Séance du 9 novembre 1881 (Ferry," Discours, V, pp. 93-94).

pour jamais à ces utopies périlleuses et décevantes1. » Ferry savait, hélas! que tous n'étaient pas convertis; mais, si quelque chance subsistait d'arracher à l'impénitence certains de ses coreligionnaires, c'était en leur laissant croire qu'ils étaient déjà des pénitents. Sous la poussée du remords et du mépris, les maximes antimilitaristes de l'archaïque orthodoxie, qui derechef prétendaient affronter le théâtre parlementaire, étaient retenues en quarantaine dans les coulisses.

Elles y étaient rejointes, bientôt, par une certaine conception « républicaine » de notre politique extérieure. Un maçon de quelque réputation — le même qui devait, au convent de 1889, signifier à ses frères que, dix ans plus tard, personne en France ne bougerait hors de la maçonnerie2 — fit paraître, en 1883, avec l'approbation d'une partie de la presse de gauche, un livre sur la politique extérieure de la République Française. Faisant bon marché des « arrangements de la diplomatie », il y dédaignait comme une « abstraction » la grandeur de la France dans le Levant3, et invi-

1. Ferry, Discours et Opinions, VII, pp. 55-56. — Comparer son éloge de Tenot, prononcé en 1891, où il rappelle « les glorieuses illusions de la guerre à outrance ». (Ferry, Discours, VII, p. 342.) — Comparer son discours du 23 novembre 1891, au Sénat, snr le tarif général des douanes : « C'était le temps où mon cher et respecté maître, Jules Simon, inscrivait dans le programme du parti radical l'abolition des armées permanentes. J'ai abandonné, au contact des faits, bien des utopies de ma jeunesse. J'ai abandonné celle-là notamment.» (Id., Discours, VII, p. 256.)

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