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CHAPITRE V

L'ŒUVRE SCOLAIRE, MILITAIRE ET DIPLOMATIQUE DE LA RÉPUBLIQUE (1882-1895)

Deux batailles affermirent la troisième République; la première fut gagnée sur les anciens partis, avec plus de fracas que de péril; la seconde, plus occulte, plus disputée, jamais décisive, fut engagée par Gambetta, puis par Ferry, contre les « utopies de jeunesse l » du parti républicain lui-même. Ce parti, pénétrant dans la place conquise, eût volontiers introduit à sa suite son antique attirail de chimères et sa tardive arrière-garde de préjugés : chimères internationalistes qui tendaient à niveler les frontières, préjugés antimilitaristes qui risquaient de les dégarnir. Mais les gouverneurs de la place, Gambetta d'abord, Ferry dans la suite, savaient par expérience combien ces chimères et combien ces préjugés avaient, en 1870, affaibli Dotre vigueur militaire, abaissé la température de nos âmes et paralysé notre élasticité d'attaque. On

1. L'expression est de Ferry lui-même {Discours et Opinions, VII, p. 256)

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