L'auteur était M. Edouard Thiers (du Rhône
qui, grâce à l'esprit d'autonomie des Sociétés de gymnastique, était demeuré en souffrance, la Ligue de l'Enseignement substitua progressivement au « mouvement d'éducation civique et militaire » le « mouvement post-scolaire1 », qui peut-être, englobant les pupilles des écoles libres, assurerait au champ d'action de la maçonnerie l'élargissement rêvé, et qui, par une vicissitude étrange, est devenu, grâce aux « universités populaires2 », un auxiliaire d'élite pour F antimilitarisme contemporain. L'enseignement primaire, à son tour, subit une évolution pareille, une de ces évolutions dont on est impuissant à suivre tous les détails, mais dont on constate le résultat. Le péril boulangiste avait alarmé tout le parti républicain : un général que le radicalisme avait créé avait eu l'incompréhensible bonne fortune de rencontrer sans les chercher quelques-uns de ces mots, de ces gestes, de ces actes dont les effets imprévus rappellent en politique ce qu'est le coup de foudre en amour. La France s'était éprise, croyant Boulanger tout à elle. Une fuite qui ressemblait un peu à un enlèvement apprit à la France qu'elle avait une rivale; et la France se consola D'ailleurs, pour noyer la foudre, le scrutin d'arrondissement est un ingénieux paratonnerre. Mais une anxiété subsista désormais invincible, dans l'âme, prompte à l'alarme, de certains vétérans des gauches, qui
1 Ainsi furent rassurés, sans doute, les scrupules du pasleur Steeg, qui, dès le Congrès de Tours de 1884, mettait la Ligue en garde contre le souci trop exclusif de l'éducation militaire et contre la discipline du caporalisme {Bulletin de la Ligue de C Enseignement, 1884, p- 358).
2. Voir, en particulier, la collection de la revue la Coopération des idées (Paris, Giard).