‹ L'idée de patrie et l'humanitarismeChapitre 285 sur 331 · Voir Galli, Paul Déroulède raconté par lui-même, p · texte numérisé non relu

Voir Galli, Paul Déroulède raconté par lui-même, p

6. Voir la Mission de M. de Gontaut-Biron à Berlin, par le duc de Broglie (Paris, Calmann-Lévy, 1896).

326 l'œuvre de la république (1882-1895)

de Chaudordy3, les entreprenantes démarches de M. Flourens 2, avaient habitué les cabinets à la pensée d'un concours diplomatique possible entre Saint-Pétersbourg et Paris; et la place Beauvau, à certaines heures, avait su donner au Gouvernement russe la preuve rassurante que la République Française, introduite par Decazes, Gambetta et Ferry dans le concert européen, ne voulait pas être considérée, a priori, comme l'avocate d'office et l'hôtelière gracieuse de tous les révolutionnaires de l'univers. Notre peuple, surtout, sourdement anxieux de son isolement, aspirait après une fraternité d'armes qu'il sentait digne de lui et dont il se sentait digne, et rien dans l'histoire du passé, telle qu'elle est écrite au fond de la conscience nationale, ne semblait de nature à paralyser cette aspiration.

Les ennemis de la France sentirent le péril, et des voix s'élevèrent immédiatement, à Genève, dans l'assemblée générale de la Ligue de la Paix et de la Liberté, pour le conjurer, s'il en était temps encore. « Que la France républicaine se garde, disait l'une de ces voix... Qu'elle ne glisse point dans le piège d'une alliance. Le tsar, qui, à cette heure même, proscrit en masse les Israélites, n'est point touché de la grâce républicaine3. » C'est en 1891, au moment où la manifestation de Gronstadt réjouissait l'âme française, que Mme Maria Goegg — une Badoise — tenait à

1. Voir Daudet, Histoire diplomatique de l'alliance franco-russe, souvenirs et révélatiom (Paris, Ollendorff, 1894).

2. Voir Flourens, Alexandre III, sa vie, son œuvre (Paris, Dentu, 1893).

3. Bulletin officiel des Assemblées de 1891 (Ligue internationale de la Paix et de la Liberté), p. 93.

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