‹ L'idée de patrie et l'humanitarismeChapitre 317 sur 331 · SENS ET C0NSTANTIN0PLE · texte numérisé non relu

SENS ET C0NSTANTIN0PLE

République; et derechef, en novembre 1901, ces deux Frances se sont retrouvées en présence. L'une, personnifiée par quelques professeurs de notre jeune Université, qui n'engagent point, heureusement, l'Université de France tout entière1, vient de dérouler au prétoire d'Auxerre, sous la couleur d'attaques contre le chauvinisme et sous le pavillon, crânement arboré, de Descartes et de la Révolution française, une longue trame de doctrines et d'invectives dont le succès serait l'agonie de la patrie2. Et précisément à la même heure, l'autre France, fidèle héritière de nos traditions diplomatiques, réclamait et obtenait du Gouvernement de la Porte le respect de notre protectorat religieux, le maintien de toutes les prérogatives qui découlent de ce protectorat, et l'adhésion formelle à la perpétuité de notre rôle historique dans le Levant. La première de ces deux Frances, celle qui se faisait chevalière du Pioupiou de l'Yonne, avait le mépris de la gloire; la seconde avait le respect de l'honneur ; et le « pioupiou » de France, expression multiple de l'âme française, a fait son choix, pour toujours, entre ces deux conceptions de la France.

1. Le grand nombre des universitaires qui, à la suite de MM. Jules Lemaitre, Syveton et Dausset, signèrent en 1899 la première déclaration de la Ligue de la Patrie française, fut un instructif témoignage des susceptibilités patriotiques de notre enseignement national.

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