‹ L'idée de patrie et l'humanitarismeChapitre 48 sur 331 · Moniteur, 1G mars · texte numérisé non relu

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que ce sont ces régiments-là qui sont destinés à marcher un jour sur Paris. » Mais, aux regards de Garnier-Pagès, M. Henri Rochefort et son hôtelier, en 1866, faisaient vraisemblablement erreur. Car, en 1848, Ledru-Rollin avait dit : « L'unité de l'Allemagne, c'est la démocratie de l'Allemagne, et qui dit démocratie dit sympathie acquise à la France1 » Et cet optimisme d'un grand ancêtre confirmait Garnier-Pagès dans sa tranquille sérénité. Jules Simon, à son tour, bien qu'il crût, lui, à la « possibilité » d'une guerre avec l'Allemagne, comptait néanmoins sur les « tendances démocratiques qui ne manqueraient pas de se faire jour dans un parlement vraiment allemand2 ».

Libre à Thiers, dès lors, d'interpeller l'Empire, en mars 1867, sur la situation extérieure, et de se montrer plus agressivement inquiet que les plus militaristes d'entre les ministres du César ; Thiers avait, aux yeux de ses amis de l'opposition, une tare ineffaçable : il avait entretenu dans l'âme française le culte de Napoléon Ier. Et l'on savait de reste, depuis 1840, que, suivant un mot d'Henri Heine, il avait l'habitude de « tambouriner bruyamment» lorsqu'il s'agissait de l'Allemagne3. Garnier-Pagès souriait et se rassurait: «Que ferions-nous de l'Alsace? Que ferions-nous d'une victoire? » lui avait dit en substance un député prussien. Il répétait ce propos à la tribune, le 15 juillet 1867, et il ajoutait qu'il fallait laisser

1. Ledru-Rollin, Discours prononcé au banquet du Chalet, p. 15 (Paris, Dairvaell, 1849).

2. La Politique radicale, p. 207 (Paris, Lacroix, 1869, 3* édit.).

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