Vacherot, la Démocratie, p
5. J. Simon, la Politique radicale, pp. 220-221 (Paris, Lacroix, 1869, 3* édit.).
qu'était la France de 1859 ou de 1868 ressemblait et se pouvait légitimement comparer à cette autre personne européenne el maritime, qu'était l'Angleterre, ou bien encore aux républiques antiques, Jules Simon ni Vacherot n'en avaient cure : sous leur plume ou sur leurs lèvres, les exemples historiques émigraient à travers les siècles ou bien à travers la Manche, avec la même aisance avec laquelle on transporte un argument sur une feuille de papier.
Leur conclusion, c'était qu'à l'armée nationale la nation armée devait être substituée ; et la nation, par surcroît, devait être armée le moins possible. Car on espérait qu'un jour les fusils Ghassepot seraient remplacés par des socs de charrue et que l'on clouerait sur la porte des arsenaux un écriteau portant ces mots : Musée d'antiquités. Jules Simon développait ces perspectives avec un bel entrain1. « Les armées permanentes, disait M. Magnin le 21 décembre 1867 2, sont jugées et condamnées. Il n'y a que l'armement général du pays, alors que nous serions menacés par l'étranger, qui pourrait le rejeter hors de nos frontières. » Et lorsque, en mai 1867, Gambetta posait sa candidature à Paris contre Carnot, il laissait inscrire dans son cahier électoral « la suppression des armées permanentes, cause de ruine pour les finances et les affaires de la nation, source de haine entre les peuples et de défiances à l'intérieur3. » Au gré des circonstances, de l'humeur