Paris, Chamerot, 1860, pp
4. Voir Saint-Genest, La politique du soldat, pp. 194-195. (Paris, Dentu, 1873).
l'armée de milices 23
alors illustre, la rangeait parmi « les sept fléaux des sociétés modernes, qui font vivre les rois et mourir les peuples », parmi « les sept colonnes de l'édifice maudit1 ».
Il a soif en Crimée, il a soif en Mexique, De sang européen ou bien de sang cacique2,
écrivait le même Rogeard au sujet de Napoléon III, l'âme la plus « sensible» peut-être qui ait jamais conduit un peuple ; et sans doute, en ses hallucinations, se représentait-il les soldats tendant à l'empereur des coupes de sang et consommant avec lui
La Saint-Barthélémy des libertés du monde3.
On remuait le temps et l'espace pour trouver des arguments contre le militarisme. Vacherot remontait dans le passé; il saluait Socrate, Sophocle, Gincinnatus, à la fois soldats et citoyens, et faisait admirer aux Français les républiques antiques, où le camp ne faisait jamais oublier la cité4. Jules Simon invoquait l'exemple de l'Angleterre pour demander qu'on donnât aux petits Français une instruction militaire qui remplacerait avantageusement la caserne5. De savoir d'ailleurs si cette personne européenne et continentale