‹ L'idée de patrie et l'humanitarismeChapitre 56 sur 331 · L ESPRIT MILITAIRE · texte numérisé non relu

L ESPRIT MILITAIRE

26 décembre 1867, c'est la foudre, souvent, dans la main d'un enfant ou d'un insensé1.» Et nation armée, au contraire, signifiait résistance éventuelle au coup d'Etat. Lorsque les hommes de l'opposition comparaient les deux systèmes, ce n'est point à des considérations militaires qu'ils avaient égard, mais bien à des considérations politiques ; et ce n'est point sur les frontières nationales, mais bien sur les grilles du Palais-Bourbon, antiques frontières de la « liberté », qu'ils attardaient leurs regards chargés de deuil. Or, ils savaient, de par l'histoire, — une histoire qui pour beaucoup d'entre eux était cruelle, — que lorsque les armées permanentes violaient ces grilles, c'était toujours pour le mauvais motif, Brumaire ou Décembre, et qu'au contraire, lorsque le peuple armé les franchissait, c'était pour le bon motif, puisque toujours, sous l'égide des piques coiffées de bonnets phrygiens, on finissait par fraterniser. Les professionnels des batailles, et l'empereur lui-même, parlaient, il est vrai, d'un certain « esprit militaire2 », qu'ils réputaient indispensable à la formation du combattant ; mais Jules Simon leur ripostait :

C'est là un esprit artificiel, qui résulte d'un grand nombre d'éléments très complexes. Prendre un homme au milieu de sa famille, l'éloigner, — car on y tient, — de

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