Le Franc-Maçon, 1870, p
2. Jouenne, Cantiques maçonniques imprimés par ordre de la loge « Thêmis* de Caen, avec l'autorisation du Grand-Orient, impriméa tour à tour en 1821, 1827, 1842, 1850, 1859 (Impr, Poisson, Caen).
nique, dont le premier numéro parut le l" décembre 1868, sous la signature de Redon, le futur membre de la Commune, racontait carrément que, sous le premier Empire, la maçonnerie, « châtrée par le militarisme », était du moins devenue, grâce au signe de détresse, « une société d'assurances contre le meurtre militaire1 ».
Il devenait assez anormal, dès lors, que la maçonnerie, de par les indiscrets désirs de Napoléon III, vit se succéder à sa tête des grands-maîtres galonnés, maréchaux ou généraux; à la fin de l'Empire, un convent qui fut fort troublé confia la grande maîtrise à un civil, Babaud-Laribière, en attendant que fût supprimée cette vétusté monarchique. Félix Pyat fut accusé par Caubet d'une « regrettable légèreté2 », pour avoir, dans le Rappel, commenté en ces termes l'élection du nouveau grand-maitre : « Un général grandmaître de la maçonnerie, c'était une farce. La destruction ne peut ordonner la construction. Enfin les maçons ont vu la faute, et le Frère
1. Action maçonnique. 1er décembre 1868, pp. 1-2. —Cf. Congres des Loges de l'Ouest, Poitiers, 1879, p. 9 (impr. Marcireau, 1880), le rapport du F.-. Lallemand sur l'historique de la loge « les Amis réunis » de Poitiers : « L'atelier a été réorganisé de fond en comble en 1804..En examinant de près les années qui suivirent, il saute aux yeux que l'œuvre des Amis réunis, pendant les grandes boucheries humaines qui portent ailleurs le nom de glorieuses campagnes du premier Empire, était particulièrement d'initier le plus grand nombre possible de militaires de tous grades, afin de donner à ces héros de la France une chance de salut de plus dans les grands périls des combats, celle du salut maçonnique. Je n'ai pu, mes Frères, parcourir cette longue liste d'initiations militaires sans me rappeler que mon père, reçu franc-maçon à Rome, où était son régiment en I8li, tombait en 1813, frappé, ainsi que le constatent ses états de service, de quatorze coups de baïonnettes, et qu'il ne dut la vie, il me l'a raconté bien souvent, qu'à l'expression de sa détresse maçonnique.»