Annales, pp. 138 et
2. Mme Edgar Quinet, Mémoires d'exil, nouvelle série, pp. 426-431 (Paris, Le Chevalier, 1870). — Cf. Id., Edgar Quinet depuis l'exil, pp. 321-327
— cela ne laissait point d'être piquant. C'est que le Congrès, peut-être, préférait la cause de la «liberté » — et liberté voulait dire révolution
— à la cause de la paix.
Les trois salves d'applaudissements qu'avait essuyées Garibaldi récompensèrent ensuite un officier hongrois, qui proclama comme indispensable la guerre des peuples contre leurs oppresseurs et commença sa propre confession : il s'était, en un temps, battu pour sa patrie, il avait été décoré, et ces décorations lui avaient fait quelque plaisir; n'était-il pas, alors, «esclave des idées erronées, comme le sont encore des millions d'aveugles » ? Et, pour secouer cet esclavage et éblouir ces aveugles, on vit l'orateur tirer de sa poche tout un paquet de croix et de rubans : « Ces distinctions, s'écria-t-il, ne sont pas dignes aujourd'hui de nous, hommes de la paix et du progrès ; aussi je vous prie, Monsieur le président, de vouloir bien les vendre et d'acheter avec le produit quelque instrument de la paix, quelque livre utile au peuple... i » L'histoire ne dit pas ce que fit Jules Barni du cadeau militariste du colonel Frigyezi. Un incident plus gênant fut amené par un Français dont nous taisons le nom : il déplora de voir figurer, parmi les insignes des diverses nations, le drapeau français surmonté d'un aigle, et demanda « par quel singulier éclectisme on avait pu concilier cette étrange réunion ». Quelques minutes durant, l'aigle fut un oiseau de discorde; un tumulte épouvantable s'éleva, jus-