‹ L'idée de patrie et l'humanitarismeChapitre 93 sur 331 · GARIBALDI ET LE MILITARISME · texte numérisé non relu

GARIBALDI ET LE MILITARISME

ter la religion de Dieu » ; alors il expliqua de vive voix que «religion de Dieu, religion de la vérité, religion de la raison sont synonymes », et proclama, dans une lettre, que « la religion universelle de Dieu substitue aux prêtres Arbuès et Torquemada le sacerdoce des Leibnitz, des Galilée, des Kepler, des Arago, des Newton, des Quinet ' » ; le Congrès crut comprendre et fut satisfait. Quand Garibaldi se rassit, Barni demanda qu'il fût nommé président d'honneur, le Congrès acquiesça. Edgar Quinet, ainsi salué prêtre de la religion universelle, était aussi à Genève; mais il y était venu, lui, non pour préparer un nivellemeut des frontières, mais pour adresser un «appel à la conscience humaine opprimée par le césarisme ». Il avait, pour définir Garibaldi. un mot original; il l'appelait « la négation du militarisme2 ». En quoi Quinet disait vrai ; car le feutre gris du vieux condottiere, le poncho américain rayé de noir qu'il portait sur ses épaules, sa chemise rouge, tout enfin en son accoutrement rappelait l'embuscade, le coup de force et le coup de main, l'aventure sanguinaire des siècles passés, des siècles où le droit des gens n'avait pas encore crayonné le code de la guerre ; et que le Congrès de la paix et de la liberté affichât publiquement le patronage du seul combattant du siècle qui eût constamment contrevenu aux lois élémentaires de la guerre, — scrupuleusement observées, au contraire, par l'honneur militaire

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