‹ L'idée de patrie et l'humanitarismeChapitre 96 sur 331 · Annales, pp. 150 et · texte numérisé non relu

Annales, pp. 150 et

taies1. »I1 avait suffi des déclarations antibismarckiennes d'Amand Gœgg, ancien ministre de la République badoise de 1849, et d'un banquier de Trêves, M. Louis Simon, pour amener sur les lèvres de Gustave Chaudey cette profession d'indifférence . On se complaisait, à Genève, dans la conviction, formellement exprimée par Emile Acollas, d'une solidarité entre toutes les « démocraties » d'Europe 2, solidarité réciproquement pacifique, mais unanimement hostile à toutes les royautés et à toutes les tyrannies. Quant à définir ces « démocraties », quant à tracer le programme de leurs désirs ou de leurs exigences, le Congrès ne l'eût pu faire sans se diviser : il y avait là des bourgeois, si l'on peut dire, et des ouvriers; les ouvriers, par la voix du citoyen Dupont, délégué de l'AsscTciation des travailleurs français à Londres, réclamaient la révolution sociale avec toutes ses conséquences ; et, tandis qu'une partie de l'assemblée éclatait en applaudissements, l'autre manifestait, suivant les euphémismes du compte rendu officiel, une «vive opposition3». Le congrès de Y Internationale des Travailleurs, qui venait de se tenir à Lausanne, avait à l'avance adhéré au congrès de Genève, sous la réserve qu'on songerait, non pas seulement à « licencier les armées», mais aussi à «modifier l'organisation sociale dans le sens d'une répartition toujours plus équitable de la production4 » ; cette réserve était un germe de

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