‹ L'idée de patrie et l'humanitarismeChapitre 97 sur 331 · LES ÉTATS-UNIS D'EUROPE · texte numérisé non relu

LES ÉTATS-UNIS D'EUROPE

discorde, qui, nous le verrons tout-à-1' heure, vint bientôt à maturité. Même en n'envisageant que l'aspect purement politique de l'avenir, on se partageait entre deux conceptions : la conception jacobine de la république centralisée, et la vieille conception girondine du fédéralisme décentralisateur, à laquelle la Commune de Paris devait, peu de temps après, donner un baptême révolutionnaire. César de Paepe et M. Longuet furent les avocats de cette seconde idée1. On s'accorda pour décider, à la voix même de Barni — qui devint, trois ans plus tard, par une surprenante ironie, le j ournaliste officiel de Gambetta à la délégation de Tours, — qu'il fallait, partout, « miner le militarisme 2 » ; on s'accorda pour fonder une Ligue de la paix et de la liberté et pour donner à cette Ligue, comme journal, un organe francoallemand, qui s'appela les États-Unis d'Europe^.

Le Congrès de Genève avait voulu faire une œuvre et propager une idée. L'œuvre était mortnée " théoriquement, il était absurde de ne tenir nul compte de l'histoire, de transformer l'Europe en une table rase, et de bâtir, sur cette table

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