AVANT-PROPOS
Murillo. La philosophie partage jusqu'à un certain point ce privilège, de Tart, car elle n'a peut-être pas moins d'affinité avec lui qu'avec la science. Les mêmes questions y reviennent constamment, et peuvent toujours être traitées comme entières. Seulement, et en ceci la philosophie cesse de se comparer à l'art, elle comporte un progrès. Non pas un progrès continu, assuré, méthodique, comme celui des sciences de la nature ou des ni a thématiques depuis trois siècles. Ce ne sont pas non plus ces batailles gagnées dont Descartes parle si glorieusement dans le Discours de la Méthode ; il ne s'agit pas de la victoire remportée par un esprit plus puissant que ses devanciers, et qui se rend maître d'une difficulté insurmontable jusqu'à lui. Non, le progrès philosophique consiste, bien plutôt dans la découverte d'une position nouvelle des problèmes, dans un énoncé différent, qui met en lumière et fait entrer dans la solution des éléments jusque-là négligés.
Jetez les yeux sur l'histoire de la philosophie au dix-septième siècle. C'est l'âge d'or de la métaphysique : tant de génies originaux s'y appliquent: Descartes, Leibniz, Spinosa, Maie-