AVANT-PROPOS. XI
branche, Arnauld, pour ne citer que les plus grands! N'est-on pas frappé aujourd'hui des postulats communs sur lesquels tous s'appuyaient implicitement ? Comme i^ous paraît aisé, à deux siècles de distance, le passage du système de Leibniz à celui de Spinosa, du système de Spinosa à celui de Malebranche ! C'est que tous voyaient les questions sous la forme donnée par Descartes. Aussi, comme ils avaient trouvé toutes les solutions possibles des problèmes ainsi posés, la métaphysique languit après eux jusqu'à Kant, qui, rejetant précisément les postulats de la métaphysique dogmatique, donna à la recherche philosophique une nouvelle et vigoureuse impulsion.
Peut-on aujourd'hui ne tenir que peu de compte de ce grand fait? Peut-on, en passant presque sous
silence l'œuvre de Hume et de Kant, se replacer, pour l'étude des grands problèmes de la philosophie, au point de vue dogmatique des Descartes et des Leibniz? La glorieuse école spiritualiste française de notre siècle l'a pensé, et c'est peut-être là le principe de toutes ses erreurs. Certes, quand on considère l'état de la philosophie en France dans les premières années de ce siècle, et le point